Syrie : Les Pays occidentaux, Etats-Unis et France, doivent très vite revoir leurs positions

lundi 8 juin 2015
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« Mgr Gollnisch : Le départ de Bachar Al-Assad n’est pas la priorité.
La neutralisation de Daech est une priorité pour tout le monde. »



La France accueillait le 2 juin la seconde réunion restreinte des ministres des Affaires étrangères de la coalition contre Daech.

Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, exprime certaines réserves quant à la volonté des États d’en finir avec cette escalade de violence en Irak mais également en Syrie.

Entretien.
Qu’avez-vous pensé de cette conférence internationale de la coalition ?

C’était une réunion importante et nécessaire, et une occasion de rappeler avec force que la neutralisation de Daech est une priorité pour tout le monde. Laurent Fabius s’engage avec résolution pour mobiliser la communauté internationale et les alerter sur les méfaits de Daech.

Mais tout en saluant cette réunion et l’implication du ministre des Affaires étrangères, nous avons voulu faire entendre notre différence sur certains points. Dans ces réunions, on parle toujours de minorités, pourquoi ne les appelle-t-on pas par leurs noms ? Ces minorités sont les yézidis et les chrétiens. Par ailleurs, on évoque une zone à défendre en priorité mais on ne dit pas qu’il s’agit de la plaine de Ninive, alors qu’il est important de savoir de quoi on parle pour permettre aux réfugiés du nord de l’Irak de rentrer chez eux.

En Syrie, la situation est bloquée, on est dans une impasse, la population est effondrée, elle n’en peut plus, il faut impérativement qu’on fasse en sorte que les combats cessent.

Enfin, persiste le problème des réfugiés qui sont un peu abandonnés, notamment au Liban et le problème du commerce clandestin du pétrole qui se fait par la Turquie et qui nourrit les finances de Daech. Ce commerce devrait faire l’objet de sanctions internationales comme la réunion du Conseil de sécurité au mois d’août l’avait prévu.
La neutralisation de Daech est une priorité pour tout le monde.

Comment une ville comme Palmyre a-t-elle pu tomber ? Que fait la coalition internationale ?

L’aviation américaine aurait dû empêcher la prise de la ville de Palmyre. Nous ne comprenons pas comment Daech a pu acheminer des milliers de soldats vers Palmyre sans une action de l’armée américaine.

Que pensez-vous de l’action de Bachar al-Assad ?

Beaucoup d’Occidentaux pensent que Bachar al-Assad est lié à Daech, qu’il a volontairement libéré des prisonniers politiques pour qu’ils rejoignent les rangs de l’État islamique… Je ne crois pas beaucoup à tout cela. Je pense que le régime Assad commence à se fatiguer de toute cette lutte. Il faudrait faire en sorte qu’il évolue. La France insiste pour demander le départ du président Assad, je ne pense pas que ce soit la priorité.

Au vu de la gravité de la situation, les Occidentaux ne devraient-ils pas revoir leurs relations diplomatiques avec la Syrie ?

Oui, je pense qu’ils le devraient, ce qui suppose de revoir également les relations avec la Russie sur ce dossier. Mais il faut avouer que le régime lui-même ne propose pas beaucoup d’ouverture. Peut-être attend-il que la France vienne s’excuser alors qu’il n’y a pas de raison qu’elle s’humilie devant lui.

Voyez-vous une sortie de crise ou êtes-vous plutôt inquiet ?

Je suis inquiet. La prise de Palmyre, à mon sens, a une portée symbolique terrible. Si on arrive à laisser entre 15 à 20 000 soldats traverser le désert – qui est tout plat – et s’emparer d’une ville comme Palmyre, cela veut dire qu’on est complètement à côté des réalités. Jamais Daech n’aurait dû s’emparer de Palmyre. S’il peut s’emparer de Palmyre, il peut s’emparer de tout. Comment ont-ils pu faire cela aussi impunément ? C’est un drame.

Marine Tertra

Source :

famille chrétienne mgr Gollnisch