Le carré magique du transhumanisme

dimanche 13 septembre 2020
popularité : 6%


Le carré magique du transhumanisme



Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune :

« Je ne partage pas le point de vue de ceux qui font mine de s’étonner que le gouvernement ait demandé à l’Assemblée nationale de reprendre la deuxième lecture de la loi de bioéthique. On lui fait le procès d’être cynique, contradictoire et d’avoir autre chose à faire que de se consacrer à un texte qui n’aurait rien d’urgent après une telle catastrophe sanitaire.

Mais la volonté du gouvernement n’est ni une erreur, ni une dérive, ni un reniement, au contraire. Il s’agit d’un accomplissement rationnel et maîtrisé de ce qu’Emmanuel Macron porte au plus profond de lui-même, ce « nouveau monde » où il nous conduit tel Moïse vers la Terre promise. Que nous le voulions ou non, nous serons sauvés par l’alliance du scientisme et du marché qu’on appelle la technoscience et qui, dans sa prodigieuse et évolutive diversité, nourrit une nouvelle anthropologie où l’homme devient enfin le grand architecte de lui-même. L’ultime finalité du transhumanisme tient dans ce carré magique : faire, défaire, refaire, parfaire l’humain. Faire l’humain hors-sol n’est plus l’exception mais la règle (droit à l’enfant désaffilié, nous y sommes), défaire l’humain indésirable (élimination des enfants imparfaits jusqu’à la naissance et même au-delà, nous y sommes), refaire l’humain désiré (réimplantation des seuls embryons sains, nous y sommes), parfaire l’humain (par transgenèse et chimérisme, nous y sommes).

La Fondation Jérôme Lejeune s’oppose par la parole et par les actes à ce qui n’est pas une déconstruction mais la reconstruction d’un écosystème où certains d’entre nous devront être « traqués » (l’expression est celle d’un parlementaire qui en fait un impératif). La Fondation s’y emploie au nom de tous ceux qu’elle accueille en consultation et dont elle défend la dignité sans compromission. Mais elle ne peut le faire que grâce à votre soutien et votre fidélité. »

Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune