Ne pas se tenir dans une triste complaisance d’acceptation de mesures illégitimes d’un pouvoir politique de plus en plus totalitaire, bafouant la loi naturelle, piétinant le respect de la vie innocente

mardi 17 novembre 2020
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Ne pas se tenir dans une triste complaisance d’acceptation de mesures illégitimes d’un pouvoir politique de plus en plus totalitaire, bafouant la loi naturelle, piétinant le respect de la vie innocente



« Commentaire de la lettre du 13 novembre 2020 de Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort, Archevêque de Reims, Président de la Conférence des évêques de France par Bernard Antony, président de l’Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) :

Catholiquement et citoyennement, pas d’accord, Monseigneur !

Alors que des dizaines de rassemblements totalement pacifiques et sanitairement très bien conduits allaient se tenir hier, ce dimanche 15 novembre devant des églises ou des cathédrales, Monseigneur Éric de Moulins-Beaufort publiait le 13 novembre une lettre aux évêques de France.

Il apparaît manifestement qu’il s’agissait de leur fournir très directement un argumentaire à opposer aux fidèles catholiques s’apprêtant à manifester. Il nous a paru nécessaire et légitime de commenter, à toutes fins utiles pour l’avenir, cette affligeante missive.

Le cardinal Ratzinger dans son « Entretien sur la foi » écrivait : « les conférences épiscopales n’ont pas de fonction théologique, elles ne font pas partie de la structure irréfragable de l’Église telle que l’a voulue le Christ… »

Aussi faut-il rappeler qu’une conférence épiscopale, en tant que telle, n’a pas de fonction magistérielle. Il est sans doute bon de le rappeler alors que des medias souvent ignorants voient dans le président de la Conférence des évêques de France (CEF) le « patron » de l’Église de France. Or il ne saurait l’être que par un véritable détournement de mission par des effets de « dynamique des groupes » cléricale.

Et d’ailleurs, le Code de droit canonique ne prescrit-il pas : « La compétence de chaque évêque diocésain demeure entière, et ni la conférence ni son président ne peuvent agir au nom de tous les évêques, à moins que tous et chacun des évêques n’aient donné leur consentement ». (CIC, can 455, 1 et 4)

Or, on l’a vérifié, il n’y a manifestement pas, et heureusement, unanimité des évêques dans un cléricalisme à fonction muselante d’aplatissement devant des décrets liberticides totalement étrangers à une recherche de bien commun.

L’interdiction de la liberté de culte catholique n’a pas obéi en effet à une sérieuse exigence sanitaire alors qu’elle a été bien plus respectée dans les églises que dans les supermarchés ou autres lieux de travail.

Mais pouvoir interdire des messes, c’est toujours la source d’une ricanante joie pour certains adeptes d’un anticatholicisme étatique. Et même si ce ne peut pas durer, quelques semaines de mesures anticatholiques, c’est toujours bon à prendre !

Mgr de Moulins-Beaufort n’a guère réagi sur cela. Dans sa lettre, il préfère rapporter avec déférence que « le Ministre de l’Intérieur a insisté auprès de lui sur l’inopportunité des prières de rue ». Il ajoute : « Il est de mon devoir de vous en avertir ; selon le Ministre, des prières de rue ne relèveraient pas seulement d’une contravention pour manquement au décret organisant la lutte contre l’épidémie, mais plus gravement d’une atteinte à la loi de Séparation ».

Et cette ineptie darmanesque, Monseigneur ne la relève pas !

Au contraire, il poursuit : « Il y a une distinction à tenir entre une manifestation politique qui doit être déclarée à la préfecture et relève de la liberté des citoyens, l’ordre public étant sauf, et un acte religieux ou liturgique qui relève d’autres responsabilités ».

Comme si les décrets gouvernementaux d’interdiction n’étaient pas à la fois politiques et à conséquences religieuses !

Comme si des manifestations visant à réclamer l’abolition de décrets liberticides, fût-ce dans la liberté de réciter des prières, ne relevaient pas d’une légitime revendication dans l’ordre de la politique, puisque c’est de la loi qu’il s’agit !
Incroyablement, Mgr de Moulins-Beaufort ne s’exprime manifestement pas sous l’éclairage d’une doctrine sociale d’équilibre des rapports de l’État et de l’Église.
Il ne défend pas une conception de la citoyenneté respectueuse des libertés religieuses fondamentales. Sa doctrine ne semble pas être exactement celle du « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». À bien le lire, elle est celle d’un droit de « César » à ne pas respecter les droits de « Dieu » !

Il adhère manifestement, sans peut-être bien le mesurer, à une conception laïciste de l’interprétation de la loi de Séparation, une conception de relégation de la religion à la sphère privée telle qu’elle a été martelée dans les pires heures liberticides et terroristes de la Révolution Française, des persécutions de la III° République, et dans tous les régimes d’athéocratie communiste depuis 1917.

Il est en revanche évident qu’il obéit à une conception très archaïquement cléricale du rôle des laïcs dans l’Église. Or le Christ n’a-t-il pas dit« Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux ». (Mathieu, 18 – 20)
Mgr de Moulins-Beaufort se tient hélas dans une triste complaisance d’acceptation de mesures illégitimes d’un pouvoir politique de plus en plus totalitaire, bafouant la loi naturelle, piétinant le respect de la vie innocente.

Tous les évêques ne sont pas de la trempe d’un Monseigneur Von Galen face à Hitler, ou d’un cardinal Mindszenty et du cardinal Wyszinski face au communisme.
Beaucoup d’évêques, de prêtres et de religieux furent en France héroïques, et souvent jusqu’au martyre, dans leur refus des lois révolutionnaires. Mais il est vrai qu’il y en eut aussi à être de tristes « jureurs ».

Du moins s’inclinaient-ils devant de lourdes menaces. Mais s’aplatir aujourd’hui devant une triade Macron-Castex-Darmanin, ce n’est vraiment pas glorieux ! »

Bernard Antony
Président de l’Agrif

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lagrif