L’héritage chrétien et monarchique de la France évacué des programmes d’histoire au collège

lundi 19 septembre 2016
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L’héritage chrétien et monarchique de la France évacué des programmes d’histoire au collège



« Vous cherchez Jeanne d’Arc, Saint-Louis ou les cathédrales dans le manuel d’histoire de votre enfant ? Voilà pourquoi vous perdez (malheureusement) votre temps »

Par Dimitri Casali, historien, spécialiste de l’enseignement de l’Histoire, est l’auteur de Désintégration française (JC Lattès, 2016), du Nouveau manuel d’histoire (La Martinière, 2016), de L’Empire colonial français (Gründ, 2015), d’Ombres et Lumières de l’Histoire de France (Flammarion, 2014), du manuel Lavisse-Casali Histoire de France, de la Gaule à nos jours (Armand Colin, 2013), et de L’Histoire de France interdite. Pourquoi ne sommes-nous plus fiers de notre histoire (Lattès, 2012). Il collabore régulièrement avec la presse écrite, la radio, la télévision (source : Atlantico)

« Depuis la rentrée 2016, les programmes d’histoire au collège ont été remaniés, évacuant complètement l’héritage chrétien et monarchique de la France. Une volonté idéologique du ministère de l’Education nationale qui fait désormais de la famille le seul cadre par lequel cet héritage peut être transmis.

Atlantico : Quelle est la volonté première de votre dernier ouvrage à paraître ce lundi aux éditions de La Martinière, Notre histoire ?

Dimitri Casali : Il s’agit avant tout de replacer l’héritage chrétien et monarchique de la France dans son histoire. La France d’aujourd’hui est le produit d’un double héritage, chrétien et monarchique, mais également laïc et républicain. Dans mon livre Notre histoire, je me suis donc efforcé de replacer l’héritage chrétien et monarchique dans l’histoire de France pour la simple et bonne raison que je me suis aperçu que celui-ci avait complètement disparu des programmes scolaires 2016 pour le collège.

Désormais, les technocrates de la rue de Grenelle affichent ouvertement leur volonté d’effacer les racines chrétiennes de notre pays ; cela fait froid dans le dos. Que serait la France sans les cathédrales (Notre-Dame, Chartres et Reims) et ses bâtisseurs ?

Je vous mets au défi de trouver une seule page dans les programmes actuels mentionnant les cathédrales et le style gothique qui a pourtant fait la gloire et le rayonnement de la France à travers toute l’Europe durant tout le Moyen-Âge - on parlait d’ailleurs d’« art français » et non pas d’art gothique.

En plus des cathédrales, nous ne parlons plus non également, dans ces nouveaux programmes, des grands rois saints comme Saint-Louis, ceux qui ont fait de la France la fille aînée de l’Eglise. Sans parler de Jeanne d’Arc qui, elle aussi, a disparu comme par enchantement, ou plus exactement expédiée en deux lignes, mentionnée seulement comme celle qui a aidé Charles VII à reconquérir son royaume.

On retrouve ces disparitions notamment dans le manuel de 5e publié par Magnard et dans celui paru chez Nathan. Cette volonté de passer sous silence l’héritage chrétien de la France faisait déjà partie des thèses de Vincent Peillon qui faisaient partir l’histoire de France uniquement à partir de la Révolution de 1789. On retrouve cette pensée également chez Thierry Tuot, et dans tout l’entourage de François Hollande.

Atlantico : Quelle est la volonté première de votre dernier ouvrage à paraître ce lundi aux éditions de La Martinière, Notre histoire ?

Dimitri Casali : Il s’agit avant tout de replacer l’héritage chrétien et monarchique de la France dans son histoire.

La France d’aujourd’hui est le produit d’un double héritage, chrétien et monarchique, mais également laïc et républicain

Dans mon livre Notre histoire, je me suis donc efforcé de replacer l’héritage chrétien et monarchique dans l’histoire de France pour la simple et bonne raison que je me suis aperçu que celui-ci avait complètement disparu des programmes scolaires 2016 pour le collège.

Désormais, les technocrates de la rue de Grenelle affichent ouvertement leur volonté d’effacer les racines chrétiennes de notre pays ; cela fait froid dans le dos. Que serait la France sans les cathédrales (Notre-Dame, Chartres et Reims) et ses bâtisseurs ?

Je vous mets au défi de trouver une seule page dans les programmes actuels mentionnant les cathédrales et le style gothique qui a pourtant fait la gloire et le rayonnement de la France à travers toute l’Europe durant tout le Moyen-Âge - on parlait d’ailleurs d’« art français » et non pas d’art gothique. En plus des cathédrales, nous ne parlons plus non également, dans ces nouveaux programmes, des grands rois saints comme Saint-Louis, ceux qui ont fait de la France la fille aînée de l’Eglise.

Sans parler de Jeanne d’Arc qui, elle aussi, a disparu comme par enchantement, ou plus exactement expédiée en deux lignes, mentionnée seulement comme celle qui a aidé Charles VII à reconquérir son royaume. On retrouve ces disparitions notamment dans le manuel de 5e publié par Magnard et dans celui paru chez Nathan. Cette volonté de passer sous silence l’héritage chrétien de la France faisait déjà partie des thèses de Vincent Peillon qui faisaient partir l’histoire de France uniquement à partir de la Révolution de 1789. On retrouve cette pensée également chez Thierry Tuot, et dans tout l’entourage de François Hollande.

Ce qui explique ce comportement réside dans la volonté de ne pas choquer tous les nouveaux arrivants, et les enfants immigrés de la 3e génération. Un rapport de 2004 mentionnait déjà le fait que lorsque l’étude d’une cathédrale leur était proposée en classe de cinquième, ces enfants refusaient d’assister à la classe. On constate donc bien cette volonté communautaire de refuser l’héritage chrétien et de rejoindre la communauté nationale en épousant son histoire et sa culture. Pour revenir sur l’évacuation de Saint-Louis des programmes d’histoire de 5e, vous aurez compris que cela tient au fait qu’il est constamment fait mention, dans la littérature djihadiste, des croisés.

Cette volonté d’évacuer l’héritage chrétien et monarchique de l’histoire de France est-elle caractéristique du quinquennat Hollande ?

La réforme de 2008 initiée par Xavier Darcos était déjà catastrophique en ce sens qu’elle avait introduit l’étude des empires africains du Moyen-Âge, bien que l’étude des cathédrales, de Saint-Louis et de Jeanne d’Arc ait été préservée. Désormais, cela n’est plus le cas. Les programmes ont été réduits à leur portion congrue en vertu des fameux EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires). En revanche, de la place a été faite à certaines thématiques d’ordre compassionnelle. Pour le Moyen-Âge, en vertu de l’idéologie très écologique du moment, plusieurs pages ont été accordées au traitement des grands défrichements des paysans au Moyen-Âge.

Que révèle la conception de votre ouvrage faite de nombreuses illustrations notamment ?

Il y en a effectivement beaucoup, ainsi que des quizz, afin de toucher le plus large public possible, pour lui redonner le goût de l’histoire. Ce livre s’adresse prioritairement à la famille. Au regard de la désintégration de l’école, l’héritage de notre culture ne peut plus se faire qu’au sein de cette structure.

La famille : au regard de la désintégration de l’école, l’héritage de notre culture ne peut plus se faire qu’au sein de cette structure

Le ministère de l’Education s’est mis en tête de proposer l’établissement d’un homme nouveau, hors sol, complètement déconnecté de ses héritages, de son terroir, etc. afin de créer un « citoyen du monde » comme cela est dit dans les programmes, et non pas un citoyen français.

En quoi la lecture de notre histoire que vous proposez est-elle différente de celle développée dans les autres ouvrages et manuels d’histoire ?

La particularité de cet ouvrage est qu’il est parfaitement équilibré. Non seulement, j’ai renoué avec la chronologie - qui n’existe plus - mais également avec le récit - il y a plusieurs anecdotes dans cet ouvrage. Cet équilibre passe aussi, et surtout, par l’évocation de tous les aspects de notre histoire aussi bien positifs que négatifs.

Au sujet de la colonisation par exemple, on a pu constater dans les autres manuels, et notamment la 3e édition du Magnard dirigée par Benjamin Stora, historien marqué à gauche et ami de François Hollande, la volonté de minimiser la présence française en Algérie, évoquant le chiffre de 800 000 alors que les Français en Algérie étaient plus d’un million. De même, ce manuel ne parle que des exactions commises par l’armée française et des attentats de l’OAS. A aucun moment les attentats du FLN et les massacres de harkis ne sont précisés.

De mon côté, je présente également les aspects positifs de la colonisation française : l’oeuvre sanitaire et éducative de la France en Algérie. Il ne faut pas oublier que la population algérienne est passée de 2 à 10 millions durant la colonisation française, précisément grâce à cette oeuvre. Il n’est donc aucunement question de « génocide » comme le manuel de Benjamin Stora peut le laisser entendre. »

Dimitri Casali, historien, spécialiste de l’enseignement de l’Histoire, est l’auteur de Désintégration française (JC Lattès, 2016), du Nouveau manuel d’histoire (La Martinière, 2016), de L’Empire colonial français (Gründ, 2015), d’Ombres et Lumières de l’Histoire de France (Flammarion, 2014), du manuel Lavisse-Casali Histoire de France, de la Gaule à nos jours (Armand Colin, 2013), et de L’Histoire de France interdite. Pourquoi ne sommes-nous plus fiers de notre histoire (Lattès, 2012). Il collabore régulièrement avec la presse écrite, la radio, la télévision.

Propos recueillis par Thomas Sila

Site à consulter

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