La politique du tout ou rien mène toujours au pire

lundi 28 novembre 2016
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La politique du tout ou rien mène toujours au pire ! Je regrette que certains catholiques n’aient pas compris cela, et aient confondu leur quête personnelle de sainteté avec la recherche d’un candidat tellement parfait qu’il soit inéligible !



Extraits :

« Il faut arrêter le jeu mortel du « plus catho que moi tu meurs ! ». La politique en action, ne peut pas toujours être la recherche du souverain bien. Cela risque même de friser l’hérésie et favoriser l’établissement de systèmes politiques monstrueux ! Nous avons plusieurs exemples « d’essais d’établissement du paradis sur la terre ».

Parce que ni Jésus, ni ses disciples n’ont voulu établir la foi chrétienne et sa morale par la force, il serait infidèle et sot de vouloir le faire aujourd’hui ! Par la puissance d’une loi qu’on instaure ou qu’on abroge, on ne peut prétendre par ce seul moyen améliorer le cœur de l’homme.

Quand des lois sont mauvaises comme les lois Veil et Taubira et qu’à vues humaines, il n’existe aucun moyen politique pour les supprimer, on doit réfléchir à concrètement limiter leur nuisance ! La politique du tout ou rien mène toujours au pire !

Je l’ai vécue dans les années 1972-1973, où le refus de certains chrétiens de discuter sur l’abrogation de la loi de 1920 (pénalisant l’avortement) a conduit à l’élaboration de la loi Veil et à son usage laxiste et permissif. Les puristes « jusqu’au boutistes » portent eux aussi la responsabilité des 220000 avortements par an, en France, aujourd’hui ! On peut dissuader une femme d’avorter, pourvu qu’on sache l’écouter et qu’on en ait la possibilité. La loi Veil le prévoyait. Demandons qu’on respecte cette disposition première et nous pourrons faire diminuer le nombre d’avortements.

Et battons nous aussi contre le projet de loi Rossignol, liberticide et attentatoire à la liberté de conscience. Grâce à des associations diverses, beaucoup de femmes prennent conscience de l’acte grave que constitue l’avortement et si le Pape François vient de permettre aux prêtres d’absoudre ce très grave péché, c’est bien parce qu’il y a une demande, dont en tant que modeste confesseur je confirme la réalité.
Je fais le même raisonnement pour la réécriture de la loi Taubira. La restriction à l’adoption simple va permettre de porter secours très vite aux enfants. Jésus n’attendait pas la fin du sabbat pour guérir et soulager les souffrances. Ne soyons pas aveuglés par la sainteté de nos principes pour bloquer des sauvetages urgents.

Je regrette que certains catholiques n’aient pas compris cela, et aient confondu leur quête personnelle de sainteté avec la recherche d’un candidat tellement parfait qu’il soit inéligible ! Quand on se bat, qu’on est en nombre inférieur, et pauvre, c’est un crime que de gâcher « des munitions » ! Enfin, et pour conclure, si la possibilité de retour à une véritable neutralité de l’Etat est possible, tout catholique doit saisir cette chance.

Si un candidat se fait attaquer avec le « au secours » des antichrétiens, c’est bien là le signe qu’il faut le soutenir ! Le temps presse ! Il me semble que le moment est venu pour l’Eglise catholique de se manifester plus fermement et d’entrer dans certaines polémiques comme le firent les pères de l’Eglise des premiers siècles.

Le projet de loi de Madame le ministre Rossignol appelle une condamnation unanime, sous peine de faire croire qu’il n’y a plus de voix chrétiennes en France ! La nature a horreur du vide, et j’imagine qu’il ne sera pas difficile à une autre religion de montrer sa vocation à nous remplacer à cause de notre lâcheté ! L’heure des catacombes arrive, avant celle des cachots de Madame Rossignol pour délit d’entrave à l’avortement, prélude à la « purification islamiste », solution finale de la laïcité pour en finir avec le catholicisme ! Alors oui crions comme vraie libération en ce temps de l’Avent : « Au secours Jésus, reviens ! »

Père Michel Viot
Prêtre catholique au service du Diocèse de Versailles - Aumônier national des anciens combattants

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Michel Viot Jésus revient