Reconnaissance et mémoire du génocide arménien à la date du 24 avril

jeudi 7 février 2019
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Reconnaissance et mémoire du génocide arménien à la date du 24 avril



Souvenons-nous toujours du génocide des arméniens et autres chrétiens à partir d’avril 1915, des causes de ce génocide, de ses circonstances et du refus obstiné de toute repentance de la part des autorités turques. Souvenons-nous des victimes et prions pour elles et leurs bourreaux.

« J’entends ce matin à la radio l’annonce de la décision d’officialisation désormais de la reconnaissance du génocide arménien à la date du 24 avril, jour où la tragédie commença à Istanbul par l’arrestation de 600 notables arméniens que l’on ne revit jamais.

On ne peut qu’approuver cela.

Et d’autant plus que, pendant des années nous avons œuvré pour la reconnaissance par les nations de cette immense abomination. Notamment un 24 avril à Marseille dans une grande manifestation suivie d’une montée d’évocation et de prières vers Notre-Dame de la Garde, ce dont nombre de Français d’origine arménienne nous surent gré.

Enfin, au Parlement Européen, nous avons jadis maintes fois demandé également cette reconnaissance ; au grand dam de Simone Veil, qui s’en tenait alors encore à la position selon laquelle il n’y avait qu’un génocide dans l’histoire : l’extermination des Juifs par les nazis.

Position qui a heureusement évolué, la plupart des institutions juives et l’État d’Israël ayant enfin officialisé leur reconnaissance du « génocide arménien ». D’autant plus que le néologisme « génocide » et sa signification, nous le redirons plus avant, ont été le fait d’un grand magistrat juif polonais, Rafaël Lemkin, les ayant élaborés à partir de son étude des massacres et abominations infligés aux Arméniens.
Quelques précisions maintenant : l’intitulé « génocide arménien » n’est pas pleinement satisfaisant. J’emploie souvent pour ma part celui de « génocide des Arméniens et autres chrétiens de Turquie ». Furent en effet non seulement exterminés presque tous les Arméniens mais aussi tous les Assyro-Chaldéens et autres chrétiens catholiques ou orthodoxes, habitant alors sur le territoire de l’actuelle Turquie où ils constituaient plus du tiers de la population globale, plus de la moitié dans certaines régions.

Enfin, le génocide fut parachevé en 1918 sous la houlette de Mustafa Kemal dit Atatürk, avec l‘éradication des Grecs du Pont, et notamment les massacres, principalement par pendaisons massives, de ceux de Smyrne, et avec les tueries des Arméniens et autres chrétiens de Cilicie, ces derniers un temps protégés par les troupes françaises (Mandat sur le Levant) mais celles-ci, recevant l’ordre de partir, trahies par la complicité, sur fond de connivence maçonnique, du franc-maçon Mustafa Kemal et des dirigeants français de même appartenance (notamment Briand). Le livre « La passion de la Cilicie » de Paul de Rémusat du Véou constitue sur ce point un poignant témoignage. Alors capitaine dans notre « légion d’Orient », ce dernier, qui sera plus tard un grand résistant puis enfin un homme indigné par l’abandon des catholiques du Tonkin et encore des harkis d’Algérie, fut de ces officiers de l’honneur français révoltés par cet ordre d’abandonner le territoire de la Cilicie aux hordes des égorgeurs-violeurs de Kémal.

Un certain nombre d’Arméniens réfugiés en Cilicie, dont les unités de résistants, qui avaient combattu héroïquement aux côtés de nos troupes, purent néanmoins, grâce à des soldats comme lui, être évacués en Syrie. D’autres, embarquant à Alexandrette, furent sauvés par des navires de notre Marine nationale, nonobstant la décision gouvernementale d’abandon. Ce fut là le grand honneur de bien de nos officiers de marine.

On retrouve aujourd’hui à Beyrouth, dans le quartier dit de « la petite Arménie » que les militants de Chrétienté-Solidarité connaissent bien, une véritable ville arménienne d’environ cent mille habitants (quartier Bourj Hammoud) peuplée des petits-enfants des rescapés du « génocide ».

On doit donc la création même de ce mot (alors néologisme), et sa définition, au grand magistrat juif polonais Rafaël Lemkin. Ce dernier avait en effet travaillé sur les pièces du procès à Berlin de Soghomon Tehlirian, jeune rescapé arménien d’un massacre turc, étant venu exécuter en Allemagne le plus important des responsables du génocide, le grand vizir Mehmet Talaat, par ailleurs franc-maçon comme tous les dirigeants jeunes-turcs, grand-maître de la Grande Loge de Turquie (le Grand Orient ottoman).

Lemkin, qui travailla ensuite sur « l’holodomor » (extermination par la faim), le génocide des ukrainiens par les communistes soviétiques (cinq millions de morts) et enfin sur celui des Juifs par les nazis, définit ainsi le génocide : « Tout plan méthodiquement coordonné pour détruire la vie et la culture d’un peuple et menacer son unité biologique et spirituelle ».

Chaque mot compte !

Cela vaut bien sûr, notamment, pour le génocide cambodgien mais aussi pour ceux du Biafra (trop oublié) et du Rwanda. Et cela s’applique à la politique jacobine d’extermination des Vendéens.

Observons encore que la définition correspond parfaitement à ce que j’ai désigné, dès 1980, dans Itinéraires, comme le « génocide français » (spirituel, culturel, démographique enfin par la conjonction de l’immigration de masse et des avortements à hauteur de 200 000 par an).

Il est intéressant d’observer que selon leurs cultures et tempéraments, et leurs implantations, les peuples ayant subi des génocides n’ont pas tous réagi ensuite de la même manière.

Les Juifs ont pu assez rapidement, après la guerre, développer la mémoire de ce qui a été par la suite retenu sous le vocable de « Shoah ». Largement exterminés en effet en Europe orientale et du nord, l’importance de leurs communautés en Afrique du nord française repliées ensuite en métropole, et surtout leur présence nombreuse en Amérique, et leur développement dans le jeune État d’Israël, expliquent la dynamique de leur conscience mémorielle, outre le fait que, « peuple de la Bible », ils sont aussi, comme nous les chrétiens, celui d’une longue mémoire.

En revanche, le peuple arménien presque uniquement préservé dans sa population de la république soviétique d’Arménie, avant qu’elle ne devienne indépendante, puis dans ses petits ensembles de réfugiés au Liban et en France, n’a pas, durant longtemps, pu sécréter une dynamique mémorielle équivalente à celle du peuple juif.
L’arménien Charles Aznavour, hélas si immigrationniste pour la France, a certes quelquefois évoqué le martyre de son peuple mais il n’a pas suscité sur le génocide l’équivalent d’un film comme « Shoah » de Lanzmann.

Venons-en maintenant au génocide cambodgien : plus d’un million et demi de morts ! Soit la moitié de la population, chiffre équivalent à celui du génocide arménien, et d’une proportion peut-être supérieure encore à celle de l’extermination des juifs.
Néanmoins, la mémorisation du génocide perpétré par les Khmers rouges de 1975 à 1979, non sans la complicité de la désinformation des journalistes du Monde, Jean Lacouture et Patrice de Beer, n’a été jusqu’ici que dérisoire.

Et pourtant, le génocide cambodgien fut marqué par la même utilisation massive des tortures les plus atroces, semblables à celles, souvent indicibles, subies par les Arméniens et autres Assyro-Chaldéens du fait des Turcs (et surtout des Kurdes…).

Étrangement pour nous, les Cambodgiens, pour la plupart, n’aiment pas ou ne veulent pas évoquer ce passé. Culture bouddhiste ? Avec des exceptions bien sûr, telle que notre admirable amie, madame Billon Ung Boun-Hor, l’épouse de l’ancien président de l’assemblée nationale du Cambodge, grand ami de la France. Réfugié dans notre ambassade lors de l’invasion de Pnom Penh par les Khmers rouges, il fut livré de force à ces derniers par deux gendarmes français de l’ambassade.
Sur ordre de notre gouvernement.

Giscard d’Estaing étant président de la République et Jacques Chirac premier ministre. Toute honte bue. »

Bernard Antony

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Bernard Antony

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