Saint Joseph artisan

vendredi 1er mai 2020
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Saint Joseph artisan



Saint Joseph, le père adoptif de Jésus, le chaste époux de la Vierge Marie, est un grand saint, d’une particulière discrétion. On ne lui connait pas de parole retransmise par les Evangiles. Il n’est apparu que très rarement, une fois en France à Cotignac, une fois de manière silencieuse à Fatima.

A Cotignac, le 7 juin 1660, le jour même de l’entrée en France du jeune roi Louis XIV et de sa jeune épouse, l’Infante Marie-Thérèse d’Espagne, saint Joseph apparut à un jeune berger assoiffé, lui disant, désignant un gros rocher : « Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ». Une source jaillit, qui est toujours active. Ce sont là les seules paroles connues de saint Joseph.

A Fatima, le 13 octobre 1917, les trois petits voyants eurent une vision de la Sainte Famille, avec saint Joseph aux côtés de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus. Saint Joseph et l’Enfant Jésus bénissaient le monde.

Saint Joseph a en outre, à d’innombrables reprises, exaucé les voeux de ceux qui le prient. Nous ne rappellerons qu’un exemple de la sollicitude de saint Joseph pour nous, l’escalier miraculeux de saint Joseph à Santa Fe, au Mexique.

Saint Joseph artisan est fêté le 1er mai.

Guy Barrey

L’« Escalier Miraculeux » de Saint Joseph à Santa Fé

« Le mystère du « Miracle de l’Escalier » de Saint Joseph à Santa Fé dure depuis 140 ans et attire plus de 250 000 visiteurs chaque année à la Chapelle de Lorette dans l’état du Nouveau Mexique aux Etats-Unis. Ce qui différencie cette chapelle de toutes les autres, c’est la légende qui veut qu’un miracle y soit survenu lors de la construction de l’escalier qui mène à la tribune de la chorale en 1878.

Cette chapelle de Lorette fut construite en 1873 par les Sœurs de Lorette selon les souhaits de Monseigneur Lamy qui, venant de France, la voulait similaire à la Sainte Chapelle de Paris. Quand elle fut terminée, les soeurs ont réalisé qu’on avait omis de construire l’escalier pour se rendre à la tribune de la chorale. Elles ont débuté une neuvaine à Saint Joseph, le patron des charpentiers. La dernière journée de leur prière, un étranger vint frapper à leur porte. Il se présenta comme étant un charpentier et leur offrit de construire l’escalier manquant. Il construisit l’escalier, tout seul, ce qui déjà, est considéré comme un défi majeur pour un charpentier.

Personne ne comprend comment l’escalier peut tenir en place sans avoir un poteau de support central. Le charpentier, n’a utilisé aucun clou ni colle dans la construction et il est mystérieusement disparu sans se faire payer à la fin de son travail. Depuis ce temps une rumeur circule à Santa-Fé que le mystérieux charpentier, serait St-Joseph lui-même envoyé par Jésus-Christ pour solutionner le problème des soeurs. Depuis, cet escalier est appelé « Escalier miraculeux » et la chapelle est devenue un site de pèlerinage.

Il y a 3 mystères dans cette histoire du « Miracle de l’Escalier » de Saint Joseph :
1. Le premier c’est, qu’à ce jour, l’identité de ce charpentier demeure toujours inconnue.
2. Le second : tous les architectes, ingénieurs et scientifiques ne comprennent pas comment cet escalier de deux tours complets (2 x 360°) sur 6,71 mètres peut s’équilibrer et tenir sans support central.
3. Et le troisième : d’où provient le bois qui a servi à sa construction ? Après de nombreuses vérifications, les experts ont découvert que l’essence et le type de bois utilisé dans la construction n’existe tout simplement pas dans la région.

Et il y a un autre détail qui ajoute à la théorie du miracle… L’escalier a trente-trois (33) marches, l’âge qu’avait le Christ à sa mort.

L’article de Soeur M. Florian, O.S.F paru dans le Magazine Saint Joseph, avril 1960

Des soeurs catholiques s’installent au Nouveau Mexique :

Voici plus d’une centaine d’années, en septembre 1852 pour être tout à fait exact, les Soeurs de Lorette vinrent dans le sud ouest des Etats-Unis, voyageant en fourgon bâché et en bateau à aubes. Leur voyage avait débuté au mois de mai précédent, dans le Kentucky, sur un vapeur baptisé le « Lady Franklin », qui leur fit remonter le Mississipi jusqu’à Saint Louis ; de Saint Louis à Independance (Missouri), elles prirent le « Kansas » : mais en trajet, un grand malheur fondit sur la petite communauté. La Supérieure, Mère Mathilde, fut terrassée par le choléra et mourut peu après leur arrivée à Independance. Deux autres des Soeurs contractèrent aussi la maladie, mais en guérirent.

Après plusieurs autres mois de difficultés et de frayeurs, d’essieux et de roues cassés, de journées torrides et d’os blanchis entrevus, ce qui restait du groupe finit par arriver à Santa Fe, Nouveau Mexique. Les Soeurs Madeleine, Catherine, Hilaire et Roberte fondèrent la communauté. À la requête de Monseigneur Lamy, Soeur Madeleine fut désignée comme supérieure du groupe par la maison mère. C’était une femme résolue, fervente, et la situation à laquelle elle dut faire face avec ses Soeurs était une situation difficile.

Ces soeurs de Lorette étaient de grandes dames, parfaitement pénétrées de l’amour de Dieu, et c’est uniquement cela qui leur permit d’affronter les épreuves de ces premières années. La contrée étant encore rude et mal installée, il n’y avait pas, à leur arrivée, de couvent confortable qui les attendait. À cette époque, la ville de Santa Fe était habitée principalement par des indiens et par des mexicains. Elles vécurent tout d’abord, dans une petite maison d’une seule pièce en briques brutes. Santa Fe est désormais une ville de bonne taille, bien qu’avec ses rues étroites et pittoresques, elle conserve vivante l’ancienne atmosphère du vieux Santa Fe.

- La construction de la chapelle de Lorette

Mais revenons en 1852 : il devint rapidement évident que si les soeurs voulaient répondre aux intentions de Monseigneur Lamy, qui souhaitait en les amenant à Santa Fe, qu’elles instruisent les gens, qu’elles auraient besoin d’un couvent et d’une chapelle. Les charpentiers mexicains commencèrent à travailler pour les Sœurs. L’école fut terminée, et on l’appela le Collège de Lorette, de Notre Dame de Lumière. Des plans en vue de la construction d’une magnifique chapelle furent ensuite élaborés. Selon les annales des Soeurs pour cette année-là, la chapelle fut commencée le 25 juillet 1873. C’est le même architecte qui avait dessiné la cathédrale de Santa Fe, M Mouly, qui en fit les plans. Monseigneur Lamy venait de France, et il avait voulu que les Sœurs aient une chapelle similaire à la Sainte Chapelle de Paris, qu’il affectionnait particulièrement. Cela signifie qu’elle devrait être strictement gothique, et de fait, elle sera la première structure gothique à l’ouest du Mississipi.

Les constructeurs mexicains se remirent à travailler sur la nouvelle bâtisse. Elle serait grande ; plus grande en fait que la plupart les chapelles des missions de cette contrée. Elle devait faire 25 pieds de large (8 mètres environ) 75 pieds de long (23 mètres environ) et 85 pieds de haut (26 mètres environ). Soeur Madeleine note dans les annales que la construction de la chapelle était placée sous le patronage de Saint Joseph, « en l’honneur duquel nous recevions chaque mercredi la Sainte Communion afin qu’il nous prête assistance ». Puis elle ajoute : « nous avons été témoins de la puissance de son aide en plusieurs occasions ».

- L’erreur de l’architecte

Les travaux de construction de la chapelle se réalisèrent non sans quelques difficultés financières, et de la part des Soeurs, avec un maximum de Foi. Ce n’est que lorsqu’elle fut presque terminée qu’elles se rendirent compte qu’une horrible erreur avait été faite. La chapelle en elle-même était magnifique : et la tribune pour la chorale ne l’était pas moins. Mais aucune liaison entre les deux n’avait été prévue ! Il n’y avait pas de cage d’escalier, et l’exceptionnelle hauteur de la tribune ne laissait pas la place d’en positionner un ordinaire. Mère Madeleine fit appel à de nombreux charpentiers pour essayer de construire un escalier : mais les uns après les autres, ils prenaient les mesures, réfléchissaient, puis ils hochaient la tête en disant tristement : « c’est infaisable, ma Mère ». Il semblait n’y avoir de choix qu’entre deux solutions : mettre une échelle pour atteindre le chœur, ce qui paraissait dans tous les cas peu pratique, ou raser tout l’édifice, pour le reconstruire différemment. La dernière solution eût été un crève-cœur.

- Le mystérieux charpentier

Pourtant, quiconque connaît les Soeurs, quelles qu’elles soient, sait qu’elles ne se résoudront pas à des solutions aussi drastiques sans d’abord avoir dit quelque chose comme « attendons un peu, et faisons une neuvaine ». Et parce qu’elles avaient une grande dévotion à Saint Joseph, les Soeurs de Lorette lui adressèrent une neuvaine, afin qu’il trouve une solution convenable à la question.
Le dernier jour de la neuvaine, un homme aux cheveux gris se présenta au couvent, avec son âne et sa caisse à outils. Lorsqu’il vit Mère Madeleine, il lui demanda s’il pourrait aider les Soeurs à construire un escalier ! La Mère donna volontiers son accord, et il se mit au travail. Selon la tradition orale, passée par les soeurs présentes à l’époque aux suivantes, les seuls outils en sa possession étaient un marteau, une scie et une équerre en té. Il mit entre six et huit mois pour terminer le travail. Lorsque Mère Madeleine chercha à le payer, il avait disparu. Elle se rendit alors à la scierie locale pour payer au moins le bois utilisé. Là, personne ne savait quoi que ce soit à ce sujet. Il n’y a, à ce jour, aucune trace, aucun document établissant que ce travail n’ait jamais été payé.

- L’extraordinaire escalier de Saint Joseph

L’escalier en colimaçon laissé par le vieil homme aux Soeurs est un chef d’œuvre, aussi magnifique qu’étonnant. Il fait deux tours complets (2 x 360°) sur lui-même. C’est un escalier colimaçon à noyau creux, il n’y a aucun pilier pour le soutenir, comme la plupart des escaliers circulaires en ont. Cela signifie qu’il est suspendu sans aucun support. Tout son poids repose sur sa première marche. Plusieurs architectes ont avancé qu’il aurait dû s’effondrer sur le sol au moment même où la moindre personne se serait aventurée sur la première marche : et il a cependant été utilisé quotidiennement pendant plus de cent ans. L’escalier a été assemblé exclusivement par des chevilles en bois : il n’y a pas un seul clou. La partie située sous les marches et entre le limon et la crémaillère ressemble maintenant à du bois léger : c’est en réalité du plâtre mélangé à du crin de cheval destiné à donner de la rigidité. Trop nombreux sont les visiteurs à avoir succombé à la tentation de rapporter chez eux un souvenir, et d’avoir pour cela arraché à l’escalier des morceaux de plâtre. En 1952, lorsque les soeurs ont fêté le centenaire de leur arrivée à Santa Fe, elles ont remplacé le plâtre, et l’ont peint de manière à lui donner l’aspect du bois vernis.

À l’époque de sa construction, l’escalier n’avait pas de rampes. Elles furent ajoutées quatre ou cinq ans plus tard. L’une des jeunes filles qui se trouvaient alors dans ce collège, avait à l’époque environ treize ans. Elle devint plus tard Soeur Marie, dans cette congrégation des Soeurs de Lorette, et ne se fatiguait jamais de raconter comment elle et ses amies furent parmi les premières à grimper à cet escalier. Elle disait aussi qu’elles avaient tellement peur de monter à la tribune, qu’elles en redescendaient sur les mains et sur les genoux.

L’actuelle Supérieure de la communauté Sœur Januarius, m’a dit que des visiteurs sont venus du monde entier voir cet escalier merveilleux. Parmi eux, de nombreux architectes qui, sans exception, lui ont dit qu’ils ne comprenaient pas comment l’escalier avait été construit, ni comment il demeurait en aussi bon état après quasiment un siècle d’utilisation.

- Expertises de l’escalier de Saint Joseph

J’ai parlé de l’escalier avec Monsieur Urban C. Weidner, architecte de la région de Santa Fe, et expert en boiseries. Il m’a dit qu’il n’avait jamais vu un escalier circulaire sur 360° qui ne soit pas supporté par un pilier central. Les autres escaliers colimaçons à noyau creux ont des dimensions nettement plus réduites. L’une des choses les plus surprenantes à propos de cet escalier, c’est, selon Monsieur Weidner, la perfection des courbes des limons. Il m’a expliqué que le bois est raccordé (en menuiserie on dit « enté ») sur les côtés des limons par neuf entures sur l’extérieur, et sept sur l’intérieur. La courbure de chaque pièce est parfaite. Comment cela a-t-il été réalisé dans les années 1870, par un homme travaillant seul, dans un endroit retiré, avec des outils des plus rudimentaires ? Cela n’a jamais été expliqué.
De nombreux experts on tenté d’identifier le bois utilisé, et de deviner son origine. Personne n’a encore été capable de produire un rapport satisfaisant sur la question. Les marches ont constamment été piétinées depuis plus de cent ans. Elles ne présentent des signes d’usure que sur les bords. Monsieur Weidner identifie ce bois comme « une sorte de pin granuleux sur les bords ». Il sait cependant avec certitude que ce bois au grain dur ne provenait pas du Nouveau Mexique. La nature exacte du bois utilisé, et l’endroit où le vieux charpentier se l’est procuré restent un mystère. Notre Mère la Sainte Eglise est toujours très circonspecte lorsqu’il s’agit de juger des choses surnaturelles. C’est pourquoi les Sœurs et les prêtres de la région de Santa Fe ont évité, dans le même esprit, de dire quelque chose de définitif à propos de l’escalier. Les Soeurs du Collège de Notre Dame de Lorette savent aujourd’hui, comme le disaient déjà Soeur Madeleine et sa communauté, que l’escalier était la réponse de Saint Joseph à leurs prières. Beaucoup se plaisent à penser que le charpentier était Saint Joseph lui-même. Pourtant les annales de la communauté comme les archives diocésaines sont silencieuses sur le sujet : les annales nous apprennent cependant que la chapelle Notre Dame de Lumière a été dédicacée le 25 avril 1878.

Tous ceux qui visitent l’édifice pour voir ce magnifique escalier circulaire, sont stupéfaits de sa beauté et de son caractère merveilleux. Mais personne ne peut donner d’explication satisfaisante pour sa construction et pour sa conservation.

A part Cotignac, dans le Var (83) en France, où Saint Joseph est identifié par les seuls mots connus de sa bouche, ses rares apparitions silencieuses nous invitent à aimer l’obéissance du Silence ! »

Ouvrage à consulter

Guy Barrey, avec la participation de l’abbé Michel Corteville, Publie ma gloire, paroles de la Vierge Marie, éditions Via Romana, 2019, préface de Mgr Dominique Rey

Site à consulter

site catholique

Saint Joseph et sa place au sein de l’Eglise du Christ

« Celui d’entre vous qui est le petit, c’est celui-là qui est le plus grand. »
(Luc., ix, 48.)

« La doctrine selon laquelle saint Joseph, après Marie, a été et est toujours plus uni à Notre-Seigneur que tout autre saint tend à devenir de plus en plus une doctrine communément reçue dans l’Église.

Elle ne craint pas de déclarer l’humble charpentier supérieur en grâce et en béatitude aux Patriarches, à Moïse, le plus grand des prophètes, à saint Jean-Baptiste, et aussi aux Apôtres, à saint Pierre, à saint Jean, à saint Paul, à plus forte raison supérieur en sainteté aux plus grands martyrs et aux plus grands docteurs de l’Église.

Cette doctrine a été enseignée par Gerson , par saint Bernardin de Sienne . Elle devient de plus en plus courante à partir du XVIe siècle : elle est admise par sainte Thérèse, par saint François de Sales, par Suarez , plus tard par saint Alphonse de Liguori et beaucoup d’autres .

Enfin S. S. Léon XIII, dans l’encyclique Quanquam pluries, a écrit : « Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute quil ne peut être créé rien au dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux quil ait approché, plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures.

L’union conjugale est en effet la plus grande de toutes ; à raison de sa nature même, elle s’accompagne de la communication réciproque des biens des deux époux.

Si donc Dieu a donné à la Vierge Joseph comme époux, bien certainement il ne le lui a pas seulement donné comme soutien dans la vie, comme témoin de sa virginité, gardien de son honneur, mais il l’a fait aussi participer par le lien conjugal à l’éminente dignité quelle avait reçue . »

De ce que par cette dignité Marie « surpasse toutes les autres créatures », comme il vient dêtre dit en cette Encyclique, s’ensuit-il que la prééminence de Joseph doive s’entendre non seulement sur tous les autres saints, mais encore sur les anges ? On ne saurait l’affirmer avec certitude.

Contentons-nous d’exprimer la doctrine de plus en plus reçue dans l’Église en disant : De tous les saints, Joseph est le plus élevé au ciel après Jésus et Marie, il est parmi les anges et les archanges.

Sa mission à l’égard de la sainte Famille a fait de lui le Patron de l’Eglise universelle, son protecteur et défenseur ; à lui, en un sens, est particulièrement confiée la multitude des chrétiens dans toutes les générations qui se succèdent, comme le montrent les belles litanies qui résument ses prérogatives.

Nous voudrions rappeler ici le principe sur lequel repose cette doctrine, de plus en plus admise depuis cinq siècles, de la prééminence de saint Joseph sur tout autre saint.

UNE MISSION DIVINE EXCEPTIONNELLE REQUIERT UNE SAINTETÉ PROPORTIONNÉE

Le principe général par lequel la théologie, expliquant la révélation, montre quelle devait être, dès ici-bas, la plénitude de grâce créée en la sainte âme du Sauveur, quelle devait être la sainteté de Marie et aussi la foi des Apôtres, repose sur la mission divine exceptionnelle qu’ils avaient reçue, mission qui demandait une sainteté proportionnée. Il y a quelque chose de semblable pour saint Joseph. »

R. Père Garrigou-Lagrange

Source : Forum catholique/ livres-mystiques.com