L’Oeuvre d’Orient

jeudi 26 février 2015
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L’Œuvre d’Orient
Historique et action de l’Œuvre d’Orient



Fidélité et évolution

C’est une belle histoire que celle de l’Œuvre d’Orient. C’est, à la fois, celle d’une fidélité et celle d’une évolution. La fidélité concerne, par delà les Églises orientales elles-mêmes, l’Église dans sa catholicité : c’est une œuvre d’Église au service des Églises orientales. Ensuite, cette fidélité s’insère dans un contexte politique, français et international, qui a obligé à de multiples adaptations. C’est ainsi qu’en considérant l’histoire de l’Œuvre d’Orient on se trouve par le fait même embarqué dans les changements survenus tant en France qu’au Proche-Orient et ailleurs.

À l’origine (1856) : œuvre des écoles d’Orient

À l’origine, un groupe de professeurs en Sorbonne décident de fonder des écoles en Orient pour faciliter l’éducation des enfants au Proche-Orient. Mais l’Œuvre des Écoles d’Orient naît 8 jours après la signature du Traité de Paris (1856) qui met fin à la guerre de Crimée.

La France est confirmée dans son rôle de puissance protectrice des chrétiens de l’Empire ottoman. L’action de l’Œuvre s’inscrit donc dans le redéploiement de la politique française en Orient. Cette action est renforcée par la nouvelle du massacre des chrétiens de Damas, Beyrouth et Deir El Qamar par les Druzes, manipulés par les Anglais, en 1860.

Mgr La Vigerie, 1er directeur général, déploie une grande activité tant en France qu’au Liban et en Syrie où il rencontre même Abd El Kader qui a généreusement protégé les chrétiens.

Une œuvre aux nombreuses facettes

L’Œuvre des Écoles d’Orient coopère ainsi à la Nahdah, la renaissance arabe, dans laquelle les chrétiens jouent un rôle actif. Elle agit dans tout l’Empire ottoman depuis la Turquie jusqu’à l’Égypte, du Liban à la Perse. Mais la 1re Guerre mondiale change la donne. L’Empire disparaît, la politique française change avec les Mandats exercés sur le Liban et la Syrie. Les chrétiens sont plutôt déçus. L’Œuvre poursuit son soutien au travail des religieux et religieuses, souvent d’origine française, dans les Églises orientales. Les Patriarches maronite et grec melkite ont rang de chefs d’Etat dans le protocole de la République française dont la politique, surtout après le traité de Lausanne, ne soutient plus vraiment les chrétiens. Cependant, le France secourt les Arméniens dont le génocide soulève une énorme émotion. Hélas, d’autres seront perpétrés sans qu’on en parle beaucoup. Pendant ce temps, sous l’impulsion du Cardinal Tisserant, Secrétaire de la nouvelle Congrégation pour l’Église orientale, l’Œuvre élargit son action : l’école n’est plus son seul apanage. Elle s’appelle désormais L’Œuvre d’Orient et intervient également, dans les pays d’Europe centrale, au Kerala en Inde, en Éthiopie et Somalie. L’accession à l’indépendance des États sous mandat sera la dernière occasion pour les chrétiens du Proche-Orient d’exercer leur leadership.

Œuvre plus pertinente que jamais

Il a fallu vivre à l’heure des révolutions. L’ère soviétique a tout gelé en Europe. Le Proche-Orient vit perpétuellement sous tension avec l’avènement de l’État d’Israël, la montée du nationalisme arabe et son récent dérapage en fondamentalisme islamiste. À partir de 1956 (Suez), la région entre dans le champ de la guerre froide. Les chrétiens sont mal à l’aise, considérés comme de la religion des Occidentaux. L’action de l’Œuvre est plus pertinente que jamais car il faut soutenir les chrétiens en Orient, aider les Églises à se reconstruire après la glaciation soviétique en Europe de l’Est, alerter l’opinion en France.

Seule œuvre française entièrement dédiée aux chrétiens orientaux

Le mode d’action est resté toujours le même, assez révolutionnaire pour l’époque. L’Œuvre n’a rien à elle, ne dirige aucune activité sur place. Elle est entièrement au service des communautés qui s’organisent comme elles l’entendent. Elle aide aux investissements comme au fonctionnement sur le registre de l’équipement pastoral, de la santé et de l’enseignement qui reste son cœur de métier. Son champ d’action est celui de la Congrégation pour les Églises orientales. Elle est la seule œuvre française entièrement dédiée aux chrétiens orientaux.

Mgr Philippe BRIZARD
Directeur émérite de l’Œuvre d’Orient
(paru dans Présence Mariste N° 267, avril 2011)

L’Œuvre d’Orient publie une revue trimestrielle
20, rue du Regard, 75278 Paris cedex 06

Contact : 01 45 48 54 46 contact@œuvre-orient.fr
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