Enracinement, déracinement et charité

dimanche 21 juin 2020
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Enracinement, déracinement et charité



Beaucoup de souffrances, de malentendus et de conflits proviennent de situations de déracinements mal vécus. L’exemple de la France contemporaine est à ce titre tristement et douloureusement révélateur. Les pouvoirs publics ont laissé venir et même encouragé la migration et l’installation dans notre Pays de centaines de milliers de personnes non européennes, africaines du Nord et du Sud du Sahara pour la majorité d’entre elles. Ceci s’est fait sous l’influence de nombreux et divers groupes de pression allant du patronat à maintes associations se voulant dans une démarche caritative, avec l’appui déterminant des juges (Conseil d’Etat en France, Cour de Justice des Communautés Européennes, Cour européenne des Droits de l’Homme) et le soutien plus ou moins explicite d’une partie significative et dominante de l’Eglise de France.

De la sorte ce sont plusieurs millions d’Africains, du Nord au Sud de ce continent, qui se trouvent à présent habiter la France. Cette situation sans précédent appelle de nombreuses observations. Nous retiendrons notamment les suivantes :

1. Ces migrations continues, avec des flux annuels massifs (de l’ordre de 2 à 300 000 par an en moyenne, non compris les clandestins) concernent des effectifs largement supérieurs à ceux que les historiens mentionnent au titre des grandes invasions, des IIIe au VIe siècles de notre ère

2. Elles sont intervenues et continuent d’intervenir sans que jamais le peuple français ait été directement consulté sur ce sujet précis, par voie de référendum

3. Ces migrations massives sont ainsi la conséquence directe du gouvernement de nos dirigeants républicains et de ce qu’il faut bien appeler le gouvernement des juges.

4. Ces apports massifs de population issues d’autres culture et d’autres sphères de civilisation ont eu lieu sans que les pouvoirs publics aient véritablement le souci de leur assimilation et de leur bonne intégration ; tout au contraire, ces derniers ont renoncé à toute velléité d’assimilation et même agi à l’encontre, en dénigrant la France et en calomniant, en falsifiant son histoire, notamment coloniale, en réduisant à peu l’enseignement de l’histoire de France dans les classes du primaire et du secondaire, avec souvent un enseignement déséquilibré, à charge.

5. De la sorte, le constat actuel est celui d’un large échec de l’assimilation de ces populations récemment installées, échec non seulement de l’assimilation, mais aussi de l’intégration. Il en est résulté la montée de ce que l’on nomme le communautarisme et la promotion officielle du « vivre ensemble ».

6. Des sommes considérables, en milliards d’euros, ont été dépensées par l’Etat au titre de la « politique de la ville », mise en place dès 1977, au bénéfice de certains quartiers de forte immigration.

7. En dépit des efforts financiers massifs de l’Etat, supportés par tous les contribuables nationaux, des territoires entiers ont échappé à "l’état de droit » et sont devenus ce que plus d’un ont appelé « les territoires perdus de la république »

8. Ce communautarisme est notamment palpable lors de certains grands matchs sportifs, ainsi que lors de mariages, lorsque des drapeaux de nations autres que la France sont déployés de manière ostentatoire et bruyante

9. Ce communautarisme s’est accompagné de graves incivilités, d’actes agressifs y compris envers de corps de métiers tels que médecins, professionnels de santé et pompiers, pourtant tout dévoués au bien commun ; pire encore ce communautarisme s’est accompagné d’émeutes nombreuses dans les banlieues dites « populaires », dont celles de 2005, qui ont marqué les esprits, sans pour autant que cela se traduise par un réel et efficace changement de politique.

10. Cette situation s’est également manifestée, au cours de la récente période de « confinement » liée à la crise et la pandémie de coronavirus, par des incivilités multiples, des regroupements importants susceptibles de contribuer à une propagation accrue de la pandémie

11. La difficulté, pour ne pas dire l’impossibilité pour le plus grand nombre, de se sentir véritablement français, tient aussi, il faut le dire, à ce qu’un grand nombre de ces populations immigrées sont de confession musulmane. Il me revient à ce propos le constat du bienheureux Charles de Foucauld, qui doit être prochainement canonisé :

« Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens. Il ne s’agit pas de les convertir en un jour ni par force : mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, œuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.

Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l’un, celui du mehdi, il n’y en a pas ; tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi) croit qu’à l’approche du jugement dernier le mehdi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve ; « l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s’il se tient tranquille, il se retrouve intact le jour de la libération », disent-ils ; ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècle : mais d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du mehdi, en lequel ils soumettront la France.

De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d’un peuple étranger qu’on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ? Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d’apostasie, un renoncement à la foi du mehdi… » (lettre du 29 juillet 1916, écrite à Tamanrasset, Algérie)

11. En réalité, la vraie charité et un respect authentique de chacun supposent d’éviter de promouvoir et faciliter le déracinement des populations. Tout être humain a en effet besoin de vivre et de se développer au contact de la terre de ses ancêtres, au contact de son Pays et de ses valeurs. Toutes les nations doivent avoir leur place, toutes ont été voulues par Dieu, comme en témoigne la Bible, Ancien et nouveau Testament. Le Christ en ses ultimes recommandations après sa glorieuse résurrection, juste avant sa glorieuse Ascension, se référant aux nations couvrant la terre, l’exprimait ainsi, appelant à la conversion de toutes les nations : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tous les commandements que je vous ai donnés » (Matthieu, 28, 19-20).

Aujourd’hui, en France, nos dirigeants républicains, ayant mis Dieu hors la loi, nos dirigeants tenants d’une laïcité offensive pour ne pas dire agressive envers le catholicisme, méprisent aussi, bafouent et détruisent jour après jour, par petites touches, tout ce qui fait la France et la civilisation française, la culture française et les racines chrétiennes de la France. L’union européenne elle-même participe amplement de la manœuvre, elle en est même un chef d’orchestre majeur, alors qu’en réalité la charité ne saurait impunément occulter le cadre national. Il n’y a pas de vraie charité envers le prochain qui puisse ignorer et rejeter le droit au respect et à l’existence des nations.

12. Jeanne d’Arc est venue en son temps le rappeler, en nom Dieu, en venant besogner afin que la France recouvre sa pleine souveraineté. Jeanne aimait ses ennemis, les anglais envahisseurs de la France, mais les aimait chez eux, en Angleterre, et non en terre française. Nous devons en notre temps nous rappeler la grande leçon que Jeanne est venue donner, de par la volonté du Roi des Cieux : la France, voulue par Dieu, issue du baptême catholique du roi Clovis, doit se relever, se donner des dirigeants aimés de Dieu et choisis par Dieu, refuser toute forme d’aliénation et de perte de sa souveraineté, mettre notamment fin à ces flux migratoires destructeurs de toute identité nationale, flux migratoires destructeurs également des Pays de départ, redonner toute sa place et son rang au peuple français, supprimer toutes les lois mortifères des gouvernements républicains successifs, bref œuvrer en vue du Bien commun, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il s’agit ainsi pour la France de retrouver le véritable sens de sa mission civilisatrice universelle.

13. A cette fin, il y a lieu de revoir enfin nos fondamentaux, avant qu’il ne soit trop tard, et retrouver l’amour de la France, qui a fait défaut à beaucoup, y compris chez ceux se disant catholiques. J’en prendrai ici un seul exemple, parmi de multiples : celui de la révision du cantique « Mère de l’Espérance », issu de l’Archiconfrérie de Notre-Dame d’Espérance, qui fut chanté à Pontmain le 17 janvier 1871, au cours de la très salutaire apparition de la Vierge Marie, à l’issue de laquelle l’envahisseur prussien recula, renonçant à envahir la Bretagne. Voici les paroles de ce cantique :

"R./ Mère de l’Espérance,
Dont le nom est si doux
Protégez notre France.
Priez, priez pour nous ! (bis)

Souvenez-vous, Marie,
Qu’un de nos Souverains
Remit notre Patrie
En vos augustes mains.

La crainte et la tristesse
Ont gagné notre cœur.
Rendez-nous l’allégresse,
La paix et le bonheur.

Vous calmez les orages,
Vous commandez aux flots,
Vous guidez au rivage
Les pauvres matelots.

De la rive éternelle,
Secondez nos efforts ;
Guidez notre nacelle
Vers les célestes ports.

En ces jours de souffrances
Sauvez-nous du danger ;
Épargnez à la France
Le joug de l’étranger.

Des mères en alarmes
Raffermissez les cœurs ;
Venez sécher leurs larmes,
ô Mère des douleurs !

Au chemin de la gloire,
Conduisez nos soldats
Donnez leur la victoire
Au jour des saints combats.

Et si, pour la Patrie,
Bravant les coups du sort
Ils vont donner leur vie,
Ah ! couronnez leur mort !"

C’est à ce chant, écrivit plus tard un des voyants, Joseph Barbedette, (lequel devint plus tard prêtre), que « la Très sainte Vierge devait réserver son plus beau sourire de toute l’apparition ». Elevant les mains à hauteur des épaules, elle se mit à remuer les doigts, paraissant accompagner le chant avec une extrême délicatesse. Elle était radieuse. Aussi la joie des enfants devint-elle à ce moment-là exubérante : « Voilà qu’Elle rit, voilà qu’Elle rit ! » disaient-ils, « Oh ! qu’elle est belle ! Oh ! qu’elle est belle ! »

Or, ce cantique, qu’apprécia tant la Vierge Marie, fut complètement modifié en ses paroles, lui conférant ainsi une tonalité et un sens très différents, supprimant toute mention de la Patrie française, comme chacun peut en juger :

R./ Mère de l’Espérance
Dont le nom est si doux,
Madone de l’enfance,
Demeure auprès de nous ! (bis)

Tu es bien notre Mère,
Toi qui as visité
sur leur lointaine terre
les enfants extasiés.

Apparaît ton sourire
Dans la nuit étoilée,
Il fait toujours revivre
Les cœurs désemparés.

Apprends-nous la prière,
Icône de beauté ;
Dieu n’est-il pas le Père,
Tout Amour et Bonté ?

Mère de toute grâce,
A l’univers troublé,
Fais resplendir la face
De ton fils Bien-Aimé.

Ta douleur nous oppresse
Devant le Crucifié,
Tu mets nos cœurs en liesse :
Christ est ressuscité !

Messagère joyeuse
De la Sainte Cité,
Guide-nous, Bienheureuse,
Aux chemins de la Paix !"

Très beau texte certes, mais très éloigné de l’original et gommant tout amour de la Patrie. Nous voyons à présent où nous ont conduits ces abandons, ce rejet et la honte de toute référence, hommage et amour à la France, nous voyons où nous conduit ce manque de charité envers la France, ce reniement de la France, si contraire à l’exemple donné par Jeanne, elle qui a servi la France avec tant d’amour et d’abnégation.

Notre Seigneur Jésus-Christ Lui-même ne nous a-t-il pas demandé de prier pour la France et de l’honorer ? « Aie compassion de la France » dit-Il, dans l’admirable prière qu’il dicta au Vénérable Marcel Van :

"Seigneur Jésus,
aie compassion de la France.
Daigne l’étreindre dans ton Amour
et lui en montrer toute la tendresse.
Fais que remplie d’amour pour toi,
elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre.
Ô amour de Jésus, nous prenons ici l’engagement
de te rester fidèles
et de travailler d’un cœur ardent à répandre ton règne
dans tout l’univers.
Amen."

Oui, la France, dont les rois furent honorés du titre éminent de « Fils aînés de l’Eglise », la France elle-même qualifiée ensuite, au XIXe et XXe siècles, de Fille ainée de l’Eglise, ne saurait sans se renier renoncer à sa vocation chrétienne.

Oui également, tous les Français de cœur doivent retrouver l’amour de leur Pays, en avoir compassion, le défendre contre les forces mortifères qui le rongent de l’intérieur, retrouver cette charité envers la France à qui ils doivent tant, honorer et respecter ce faisant toutes les générations antérieures qui ont patiemment et courageusement édifié notre Pays, redécouvrir et promouvoir ce salutaire et vivifiant enracinement qui fait les peuples heureux.

Guy Barrey