Une démocratie factice

mardi 14 juillet 2020
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La république française : une démocratie d’apparence



La Ve république ne présente plus aujourd’hui qu’une démocratie de façade, une démocratie factice, une démocratie pervertie. Maints indicateurs en témoignent : abstention de plus en plus massive, y compris lors des élections locales, manipulations et mensonges médiatiques, mensonges par omission et focalisations sur certains événements plus que sur d’autres, conflits d’intérêt innombrables, à différents niveaux, élection présidentielle de 2017 falsifiée par l’affaire Fillon, mépris envers les revendications les plus légitimes des « gilets jaunes » et des personnels de santé, des violences et « incivilités » croissantes, etc. La liste est longue, pour qui voudrait être exhaustif sur le sujet.

La crise est donc profonde, multiforme, crise de représentation, crise de régime. La perte de légitimité est profonde et la défiance justifiée et croissante envers des discours publics non enracinés, des actes déconnectés des discours, allant trop souvent dans le sens de la destruction, jour après jour, de la nation française. Peut-on encore espérer de nos gouvernants une prise de conscience, une volonté agissante de contribuer au Bien commun, peux-t-on avoir encore confiance ?

Guy Barrey

L’indicateur des taux d’abstention aux élections

« Interrogé dans Le Figaro, Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, indique :

Je reste étonné que si peu d’intérêt médiatique et politique ait été accordé à l’abstention qui est l’événement majeur des élections municipales : c’est plus de 20 points au-dessus du niveau atteint en 2014, alors même que l’on parlait déjà, et à juste titre, d’un record. Certes, la crainte du virus explique une part importante de cette abstention, d’autant plus que le 12 mars, le chef de l’État annonçait le confinement. […] Mais pour autant, ce serait se rassurer à bon compte que de rabattre la cause de l’effondrement de la participation sur la seule crise sanitaire. Elle amplifie ou précipite une tendance plus profonde et d’autant plus préoccupante. […]

[L]a représentation médiatique est l’autre organe malade de notre démocratie : d’un côté, le monde médiatique semble vouloir ignorer ou minorer des réalités qu’il ne comprend pas où qu’il réprouve, tandis que, d’un autre côté, il se montre déterminé à promouvoir des irréalités dans lesquelles il nous demande de nous reconnaître. Ce mécanisme exerce une double violence. C’est un supplice pour le public qui n’a plus d’autre choix que de ne pas écouter et de chercher sur les réseaux sociaux la représentation du monde qui fait sens. À l’occasion des élections municipales, la « vague verte » était annoncée dans la presse dès janvier 2020. Le soir et le lendemain du second tour, c’est encore la « vague verte » qui fait la une de tous les médias. Or, il n’y a pas de « vague verte » , notamment en raison d’une abstention historique qui aurait dû constituer le principal sujet des commentaires. Songeons que, lorsque des Français votent pour des partis protestataires, ils écopent d’une condamnation morale, mais lorsqu’ils s’abstiennent, même massivement, leur absence n’est qu’à peine remarquée. Nos compatriotes sont fondés à penser que, décidément, la représentation médiatique ne les considère plus. […]

Le retour au niveau de participation électorale qui mettrait notre démocratie à l’abri d’un accident électoral ne se fera pas sans le relèvement de ces fonctions de communication. Il faut s’interroger sur la manière dont la production de ces représentations peut brouiller ou déformer l’image de la réalité, et avec quelles conséquences. Ainsi, par exemple, pourquoi les problèmes de délinquance ou les enjeux d’immigration ne parviennent-ils décidément pas à figurer au rang des questions légitimes ? Pourquoi faut-il se résigner au choix de n’en rien dire ou d’en faire le sujet d’un débat outrancier ? Ou encore, si l’on peut comprendre l’écho médiatique donné à l’hommage aux soignants, bien légitime, pourquoi ce silence lorsqu’il s’agit des agriculteurs et des routiers qui ont su remplir ensemble le premier des services publics, le plus essentiel de tous, qui est de nourrir le pays ? Comment comprendre les règles qui président au fonctionnement de notre débat public ? […] »

Sites sources :

le figaro

le salon beige