Marthe ROBIN

lundi 3 novembre 2014
popularité : 42%



TEXTE DE MARTHE ROBIN
DATÉ DU 23 JANVIER 1930




« Plus que jamais aussi, l’étranger a les yeux sur nous et nous observe d’une façon inquiétante et cruelle. La France est raillée et veillée sur tous les points parce qu’on la croit mensongère. Nous le méritons en quelque
sorte, il est vrai, en affichant une mentalité de mauvais goût et scandaleuse, tout à fait dépourvue d’idéal.
L’étranger se base sur les apparences, sur nos moeurs extérieures, sur la surface en un mot ; et la surface,
chez nous, transpire l’irréligion et le désordre. Mais ce que l’étranger voit, ce qu’il connaît et condamne, ce
n’est pas la France, ce n’est pas la vraie.

La vraie France, il ne la comprend pas, il ne peut pas la comprendre !C’est qu’elle est trop profonde ; son
fond secret et intime, elle ne le livre pas...elle le laisse ignorer par un tact bien français et de bon goût. La
discrétion, c’est du génie ! La France est incomprise parce que méconnue...ou plutôt mal connue. Ce qui se
dérobe à la vue n’échappe pas au coeur ! mais on ne connaît pas le coeur de la France, on ne connaît pas
l’âme de la France. Notre âme française est à nous, c’est notre bien, c’est notre gloire, c’est notre honneur.
Le devoir nous impose de ne pas la livrer. Elle est à Dieu...Mais le devoir nous impose aussi de la laisser
apparaître pour qu’on la respecte. Il est bon de montrer au monde, qui nous nargue et s’impose en maître
chez nous, que nos vertus françaises, que notre race chrétienne, vaillante et généreuse, n’est pas morte,
surtout actuellement où la pensée française est critiquée, l’idée française est censurée, sa morale
discréditée, son goût flétri grossièrement, au-delà des frontières et presque sur notre sol...Nos journaux de
toutes sortes circulent à l’étranger et s’y lisent à qui mieux mieux, nos mauvais romans surtout, et nous
sommes par eux très mal jugés. Tous ces journaux, tous ces livres immoraux qui pullulent en masse en tous
pays sont, pour la plupart, mis en circulation par des Français qui ne le sont plus que de nom. Je n’ose pas
dire qu’ils sont consciemment coupables....ils ne sont certainement qu’aveuglés, « ils ne savent pas ce qu’ils
font », mais l’action n’en reste pas moins lamentable et répréhensible. Les actes d’héroïsme, les actes
admirables et les grands saints sont assez nombreux en France, et plus que partout ailleurs, pour qu’on ne
se fie pas seulement sur nos mauvais livres pour nous salir et nous abaisser. C’est à nous, chrétiennes
françaises, à qui il appartient de travailler de tout notre coeur et de toute notre âme au relèvement moral, à la
bonne renommée de notre noble France. C’est à nous de la défendre dans son esprit, sa religion, sa
foi...dans tout ce qu’elle a de dignité, de loyauté, de chrétien. Comment, dira-t-on ? Par notre conduite, par
notre piété, par nos prières. Que puis-je faire toute seule, direz-vous peut-être ? Serez-vous seule ? Et puis,
si vous étiez seule à bien faire, est-ce pour cela que vous devriez ne pas continuer ? Ne suffit-il pas d’une
faible étincelle pour allumer un immense incendie ? Ne suffit-il pas qu’un seul coeur déborde d’amour pour
que mille autres en soient pleins ? Et puis, une seule bonne volonté en fait de suite lever des masses.

La France est la fille aînée de l’Église.
La France est la patrie privilégiée de la Sainte Vierge.
La France est le berceau des saints.
La France doit être le temple des louanges de Dieu.
Aimons Dieu, faisons-le connaître et aimer.

Qu’autour de nous, il ne soit plus le grand méconnu. Qu’importe si nous devons briser notre coeur et y mettre toute notre vie !
Bienheureuses seront nous si, pour cela, il nous faut souffrir !
Notre-Seigneur est venu Lui-même sur la terre pour servir les intérêts de son Père, pour le faire aimer, pour proclamer sa gloire.
Aimer Dieu, le faire aimer, c’est gagner une couronne pour le ciel.
Aimer la France, la faire aimer, c’est ajouter un fleuron à cette couronne »

Source
Pourquoi prier pour la France ?
Sous la direction de Mgr Henri Brincard et P. Bernard Peyrous, Editions de l’Emmanuel, juillet 2014.