La révolution dite française : comment le mépris de Dieu conduit aux pires crimes

mercredi 27 novembre 2019
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La révolution dite française : comment le mépris de Dieu conduit aux pires crimes
Exemples



Le serment constitutionnel, une rupture révolutionnaire dans l’Église de France

« L’anticléricalisme des Lumières ne fut pas le seul inspirateur de la Constitution civile du clergé : le jansénisme et le gallicanisme y eurent aussi leur part. La quasi-totalité des évêques et une grosse moitié des curés de France refuseront de signer le serment constitutionnel et de rompre avec la succession apostolique.

Le 27 novembre 1790, l’Assemblée constituante ordonne à tous les prêtres de France de prêter le serment constitutionnel, formalisant leur adhésion à la Constitution civile du clergé. Pour eux, ainsi que pour tous leurs évêques, c’est une blessure au cœur de leur sacerdoce et de la foi catholique.

- Un risque de rupture dans la succession apostolique

Prêter ce serment, c’est engager sa personne sur un texte transférant l’organisation de l’Église à l’État, créant pour ainsi dire un service public ecclésiastique nationalisé. Le conflit d’obéissance et d’intérêt avec la loyauté due au siège pétrinien est inévitable. La Constitution civile du clergé, fruit de longues discussions parlementaires durant l’année 1790 et la fin de 1789, confirme le redécoupage des diocèses et des paroisses pour les faire coïncider avec la carte administrative nouvelle. Cette évolution entraîne la disparition de plusieurs dizaines de sièges épiscopaux parfois très anciens et tous pourvus d’un titulaire.

Outre ce redécoupage, la Constitution civile organise le salariat des ecclésiastiques auxquels est confiée une charge paroissiale ou épiscopale. Vicaires, curés et évêques sont payés par l’État et sous sa dépendance. Ce changement fait suite à la nationalisation, autrement dit la confiscation, de tous les biens possédés par des institutions ecclésiastiques et qui, jusqu’à présent, assuraient l’autonomie financière des cures, évêchés ou maisons religieuses. Enfin, curés de paroisse et évêques sont directement élus par les citoyens de la circonscription, l’autorité pontificale n’ayant qu’à valider le choix des Français. De telles dispositions ne constituent pas qu’un problème d’organisation, c’est la possibilité d’une rupture dans la succession apostolique entre l’Église en France et le reste de l’Église universelle.

- Le précédent janséniste

Comment en sommes-nous arrivés là dans un pays où la population est baptisée dans la religion catholique à plus de 97% et où la pratique religieuse régulière oscille, selon les diocèses, de 50% à 100% des populations ? Pour le comprendre il faut se remémorer les deux siècles passés, marqués de querelles religieuses qui préparèrent le terrain de la rupture. La condamnation du jansénisme par la bulle Unigenitus en 1713 allait entraîner en dissidence ce courant spirituel né au XVIIe siècle et entraîner des contestations politiques et religieuses fort nombreuses durant les règnes de Louis XV et Louis XVI. On voit naître alors des thèses sur le conciliarisme, sur la notion de peuple des baptisés acteur de l’organisation ecclésiale, ou sur la considération de l’Église comme patrimoine national. Il n’est pas innocent de constater qu’à l’Assemblée de 1790, où siègent de très nombreux ecclésiastiques élus auparavant aux états généraux réunis en mai 1789, les clercs proches du jansénisme sont défenseurs d’une Constitution civile du clergé, dont la forme cependant alla bien au-delà de ce qu’ils demandaient.

- L’anticléricalisme des Lumières

La philosophie des Lumières n’est pas en reste non plus, avec ses considérations utilitaristes, qui l’amènent à estimer que les ordres religieux, et tout particulièrement contemplatifs, sont inutiles à la société. Cette même philosophie, avec ses réflexions sur la nation et l’individu, condamne les corps constitués, barrières à la volonté personnelle et à l’égalité entre citoyens. Les députés d’août 1789 supprimèrent tous les corps d’Ancien Régime, notamment les corporations. L’Église, comme corps indépendant de l’État, n’allait pas tarder à subir le même sort. C’est une suite logique.

En toute bonne foi, croyant agir pour le bonheur des hommes, le corps législatif s’attaque donc à l’indépendance et la puissance de l’Église comme corps social. L’assemblée est appuyée par un courant anticlérical surtout développé dans le petit peuple des artisans de Paris jadis pourtant très janséniste, comme il fut très ligueur au XVIe siècle. Elle s’appuie aussi sur des précédents malheureux dans l’histoire récente, comme l’interdiction de la Compagnie de Jésus en France, par le parlement de Paris, sous Louis XV, ou la suppression brutale de maisons religieuses contemplatives en voie d’extinction numérique, sous le même roi. Enfin, une partie du bas clergé soutient la réforme après avoir bien durement subi les inégalités de rang et de fortune au sein de la cléricature, notamment par rapport à leurs évêques ou aux chanoines prébendés.

- Le déchirement de l’Église en France

Le conflit d’obéissance ne tarde pas. Le pape Pie VI était longtemps resté silencieux aux appels de Louis XVI et de nombreux évêques. Ce silence avait convaincu le roi de promulguer contre son gré la Constitution civile, et de nombreux clercs de prêter le serment demandé. La condamnation pontificale, tardive, entraîne la rétractation de nombreux prêtres assermentés, de la grande majorité des évêques jureurs, et confirme dans leur désobéissance au pouvoir civil ceux, fort nombreux dans les diocèses de l’Ouest, qui ont dès le début refusé la loi nouvelle.

Il se trouve cependant assez de clercs jureurs pour nommer à toutes les charges ecclésiastiques et constituer, sous la tutelle de l’État, un clergé schismatique, souvent politiquement très engagé dans la voie de la Révolution. Le clergé réfractaire à la Constitution civile est toléré peu de temps, puis interdit et enfin franchement persécuté, fournissant nombre de martyrs, par décapitation, fusillade, noyade, tortures abjectes et déportation.

- Le temps des persécutions

Lorsque s’amoncellent les nuages au-dessus de la France, avec la dévaluation de la monnaie, la guerre étrangère et les défaites, les réquisitions d’hommes et la chute de la royauté, plusieurs provinces, on le sait, entrent en révolte, en Vendée, Bretagne et Normandie principalement, mais aussi en Anjou et, dans une moindre mesure, dans le Midi blanc languedocien. Là-bas, le clergé jureur prend souvent part à la guerre civile, prêchant l’intransigeance républicaine en chaire et menant des colonnes de gardes nationaux. Le clergé réfractaire n’est pas en reste, dont plusieurs membres éminents mènent des groupes armés contre-révolutionnaires.

Aux moments culminants de la Terreur révolutionnaire, cependant, même le clergé jureur connait la persécution. On fond les cloches, on abat les croix, on supprime toutes les références chrétiennes dans la toponymie comme le calendrier, voulant ainsi extirper des siècles de christianisme. Cette brutalité, cependant, ne reçoit que le rejet des foules, soit sous la forme du silence, soit de l’opposition franche et armée. La rapidité de la résurrection catholique à partir de 1815 montre cette adhésion profonde des peuples derrière leur silence face aux persécutions de la Révolution, puis face aux surveillances tatillonnes de la liberté surveillée sous l’Empire.

- La réconciliation

Il fallut la poigne et la volonté pacificatrice d’un Bonaparte pour, en 1801, après de longues négociations, rétablir la paix religieuse et l’unité de l’Église en France, par la signature du Concordat avec le pape Pie VII. Ce concordat maintient plusieurs points de la Constitution civile et, somme toute, une certaine mainmise de l’État sur l’Église en tant que corps administratif. Mais il rend au siège de Rome son pouvoir de nomination des évêques et rétablit ainsi l’indispensable unité de la succession apostolique. Le culte, enfin, redevient libre et garanti. »

Gabriel Privat | 26 novembre 2019

Aleteia

Loin de libérer l’homme, les « Lumières » l’ont amputé d’une part essentielle de son identité et portent en elles les germes de la Terreur

Bertrand Vergely : « Les Lumières nous rendent tranquillement sadiques »

« Dans son dernier essai, le philosophe — professeur en classe préparatoire et à l’Institut Saint-Serge — entreprend de révéler les ressorts profonds des Lumières et d’en décortiquer l’héritage. Loin de libérer l’homme, pense-t-il, elles l’ont amputé d’une part essentielle de son identité et portent en elles les germes de la Terreur et du totalitarisme. Entretien avec un penseur orthodoxe… iconoclaste.

Aleteia : Le point de départ de votre réflexion porte sur la substitution par les « Lumières » du concept d’origine par celui de commencement. Quelle est la nuance ?

Bertrand Vergely : L’origine n’est pas temporelle : elle est métaphysique. Certes, nous sommes ce que nous sommes parce que nous avons un commencement temporel : lorsque nos parents se sont unis, puis quand nos mères nous ont mis au monde. Mais nous venons d’ailleurs. Nous venons de la Vie, de la Création, de l’Absolu : telle est notre origine. Jusqu’à l’abolition de la monarchie en 1792, on considérait que la naissance du Christ permettait la datation de l’humanité, car elle rappelait qu’elle peut être sauvée. Mais avec la Révolution française, le salut n’est plus le Christ : c’est le droit. La politique va sauver l’humanité, et non plus la religion.
Pourtant, dites-vous, 1792 marque l’avènement d’une nouvelle religion…
On assiste en effet à une captation de l’origine. Les « Lumières » se proposent d’en finir avec la religion, mais c’est en fait la matrice d’une nouvelle religion qui va déboucher sur le positivisme au XIXe siècle et les mouvements révolutionnaires du XXe siècle, du communisme au nihilisme en passant par l’anarchisme. Pour imposer cette nouvelle religion, les révolutionnaires établissent un nouveau calendrier, font de 1792 l’an I de l’humanité et liquident tous les symboles qui renvoient au passé, en particulier les nobles et les prêtres. Plus tard, Staline, Mao ou Pol Pot procéderont de même en éradiquant toute trace du passé par le génocide.

Quel est le spectre des penseurs embrassés par les « Lumières » ?

Les »Lumières » commencent avec Descartes et s’achèvent avec Robespierre et l’établissement du culte de l’Être Suprême. Même Rousseau, que l’on considère parfois en lisière des « Lumières », peut leur être rattaché. Chacun, avec ses spécificités, contribue à donner naissance à un nouveau type de sujet : le sujet législateur, juge et partie. L’homme reçoit par sa sensibilité les données de la nature et en approfondissant, il passe de la sensibilité à la réflexion, ce qui le rend capable de juger et de dire ce qu’elle vaut. Cela va tout changer. L’homme est homme parce qu’il est un être social, ce qu’il manifeste par le contrat. Autrement dit, le contrat fait naître l’humanité. L’homme crée l’homme désormais.

Que perd l’homme avec la primauté de la politique qu’imposent les « Lumières » ?

Il perd tout ce qui fait la caractéristique de l’intelligence humaine, active mais aussi passive. Les « Lumières » éliminent chez l’homme la passivité et l’inspiration. Or si nous vivons certes parce que nous le voulons, nous sommes aussi inspirés, guidés en profondeur, par quelque chose qui dépasse une vision contractuelle de l’existence. Les « Lumières »suppriment cette pensée inspirée et mettent en place une vision dominante, masculine, législatrice, volontaire. On commence à penser que l’homme, par la science et la technique, va pouvoir tout résoudre. On cueille aujourd’hui le fruit de cette vision avec le transhumanisme, par exemple. En supprimant le sens de la rêverie, de la contemplation, du silence, de l’arrêt au profit de la volonté et de l’action, on fait naître un monde dépourvu de poésie, de sens spirituel, et qui ne sait plus s’arrêter.

Les « Lumières » génèrent une nouvelle religion, mais aussi une nouvelle aristocratie, pensez-vous.

Quand on analyse les choses, on s’aperçoit en effet que les « Lumières » sont fascinées par l’aristocratie et ne rêvent que d’une chose : prendre sa place. Molière l’avait déjà très bien compris dans Le Bourgeois Gentilhomme. En témoigne aujourd’hui l’existence d’une caste parmi les intellectuels, les artistes ou les journalistes, qui pense détenir l’intelligence, qui déclare ce qui est digne d’être pensé, d’être audible. À un degré différent, comment ne pas être stupéfait par le régime castriste, prétendument révolutionnaire, où le pouvoir est verrouillé par la famille Castro, entourée d’une nomenklatura accumulant les privilèges. La Révolution française a-t-elle vraiment été une révolution ? C’est la question essentielle que pose Marx. La poser c’est déjà y répondre.

On ne peut nier cependant que la Révolution apporte la liberté en transformant le sujet en citoyen ?

Quel est le modèle de l’homme libre de la révolution ? C’est le libertin. Camus l’a bien vu dans L’homme révolté, livre dans lequel il observe que la révolution française est une révolution bourgeoise fondée sur deux piliers majeurs : le droit et la pensée libertine. Don Juan est le symbole de la nouvelle morale et de la nouvelle esthétique. Il est le modèle de l’homme de la Révolution. Libre et affranchi de toute identité, engagé dans aucune relation amoureuse, il est le libérateur par essence, dégagé de tous les conformismes. La lutte contemporaine contre les stéréotypes et pour l’équivalence de toutes les sexualités, procède de cette vision que domine la figure de Don Juan.

Ici encore, on constate l’apparition d’une nouvelle forme de religiosité…
Don Juan crée une église dont les fidèles sont les infidèles. Comme Sade, il incarne l’homme révolté qui fascine tant le monde contemporain. Le rebelle y fait figure de prophète, de moderne, voire de Christ. L’orgasme est désormais la seule extase possible. La sexualité affranchie de toutes règles sert désormais de mystique, comme chez Georges Bataille, par exemple, selon qui l’expérience érotique est l’expérience mystique ultime : celle du dépassement de toutes les limites. Le modèle de l’homme chez Bataille comme chez Sade, c’est l’homme souverain. Le libertin, c’est le roi.

Comment expliquez-vous l’acceptation de cet héritage par nos contemporains, s’il est si sombre ?

La mécanique d’anesthésie de la pensée se déroule en trois étapes. Prenons l’exemple du transhumanisme. Premier temps, l’image choc : « Avec un microprocesseur inséré dans la rétine, les aveugles vont retrouver la vue ». Second temps, l’intimidation : « Tu ne vas quand même pas refuser le progrès ? ». Troisième temps, le fatalisme : « De toutes les façons tu n’y peux rien, c’est le sens de l’histoire. C’est inéluctable ». Cette mécanique permet de protéger la plupart des héritages révolutionnaires. Et quiconque persiste dans la critique est voué aux gémonies. Cela n’a pas manqué avec ce livre qui m’a valu d’être qualifié de conservateur et de réactionnaire. Alors que ce qui m’intéresse, c’est la vérité.

Quel enchaînement conduit selon vous d’une philosophie supposée émancipatrice à la Terreur ?

Tout est résumé dans cette phrase de L’Internationale : « Du passé faisons table rase ». Les « Lumières », rappelle Hegel, ont voulu faire descendre le Ciel sur la Terre, ce qui débouche sur la conviction que ce monde est l’unique monde, et sur l’évacuation de la question du sens, de l’origine et de l’identité. Je ne me demande plus qui je suis, d’où je viens et où je vais. Je veux le réel ici et maintenant. Ce n’est pas un hasard si Le Mondain de Voltaire s’achève par le vers suivant : « Le paradis terrestre est où je suis ». La vie commence ici et maintenant et l’on ne doit rien au passé, à Dieu, à la tradition. On doit tout à soi-même et à ce que l’on fait ici et maintenant. Il faut donc supprimer l’ancien régime, fondé sur l’ordre et la tradition. Faire du passé table rase débouche directement sur le goulag et les camps de concentration et la Terreur. Difficile de l’admettre et pourtant, c’est ce qui s’est passé.

Les grandes démocraties, héritières des Lumières, ont semble-t-il évité cette dérive sanguinaire ?

À vrai dire, j’ai le sentiment que nous ne sommes toujours pas très clairs dans notre rapport à la violence. Que le contrôle des naissances passe par l’avortement, par exemple, pose un problème de fond. Tout comme l’institution de l’euthanasie pour régler la question de la fin de vie. On objectera que l’accès à l’avortement a libéré la femme. Peut-être, mais l’avortement n’en demeure pas moins une violence. De la même manière, on estime que les horreurs de la révolution étaient le prix à payer pour les libertés et le progrès. Nous sommes plongés dans un sommeil spirituel qui nous rend prêts à accepter une certaine violence quand nous pensons qu’elle est facteur de progrès.

Iriez-vous jusqu’à identifier une dimension diabolique dans l’héritage des « Lumières » ?

Si l’on observe certains événements récents, on a parfois le sentiment que notre société bascule dans un univers proche de celui, terrifiant, dépeint par le marquis de Sade dans La philosophie dans le boudoir, dont le libelle était, je le rappelle : « Français encore un effort, si vous voulez être républicain ». Sade voulait faire sauter les interdits pesant sur le blasphème, l’inceste, le vol et le meurtre. Au nom de principes généreux ou compassionnels, on voit que ces interdits se fendillent peu à peu, comme en témoigne le débat récent sur le droit au blasphème — qui permet de cracher sur la pensée des autres au nom de la tolérance — ou encore le procès de Jacqueline Sauvage, qui a tué son mari, violent depuis des années. La sympathie bien compréhensible que suscite cette femme nous conduit à considérer que certains meurtres sont légitimes, ce que valide symboliquement la grâce présidentielle totale que lui accorde François Hollande fin 2016. Les « Lumières » nous rendent tranquillement sadiques. Se demander si le mal est vraiment mal, c’est vraiment diabolique.

Selon vous, l’exact opposé des « Lumières » porte un nom : le christianisme.
Le but prioritaire de la société depuis la révolution française est l’élimination du christianisme. Certes, il existe un christianisme particulièrement pesant, un certain conformisme chrétien conservateur qui ne laisse aucune place à la conscience des grands mystères. On y est religieux pour maintenir un ordre social. C’est une vision maurrassienne en somme, où l’on aime le pape mais où l’on se défie du Christ. Mais vous avez aussi la tradition spirituelle chrétienne et l’extraordinaire expérience du Christ. C’est époustouflant ! En voulant se libérer d’une religion conservatrice, peut être obscurantistes, on a liquidé nos racines spirituelles et transcendantes, ce qui nous empêche d’être pleinement libre. Bernanos disait qu’on ne comprend rien au monde moderne si on ne voit pas que tout est fait pour éliminer le monde intérieur. Mais rien n’est fini. La réalité est imprévisible. Personne ne sait ce qui va se passer. Nous allons être surpris. Et pourquoi pas en bien ? Je conserve une grande confiance en l’avenir, car cette imprévisibilité est porteuse d’espoir. »

Ouvrage à consulter :

Bertrand Vergely Obscures lumières, la révolution interdite, Ed. du Cerf

Proposition d’Emmanuelle Ménard

« Jeudi 28 novembre 2019, l’Assemblée nationale discutera d’une Proposition de loi tendant à améliorer la lisibilité du droit par l’abrogation de lois obsolètes.

Le texte adopté en Commission des lois a rejeté des amendements déposés par le député Emmanuelle Ménard. On se demande pourquoi. Elle propose d’abroger :

• la loi des 19 et 20 mars 1793
• Le décret du 1er août 1793 relatif aux mesures à prendre contre les rebelles de Vendée, dit « loi d’anéantissement de la Vendée »
• La loi du 1er octobre 1793, dite « loi d’extermination »

Elle explique que le premier article de la loi des 19 et 20 mars 1793 dispose que :

« Ceux qui sont ou seront prévenus d’avoir pris part aux révoltes ou émeutes contre-révolutionnaires qui ont éclaté ou qui éclateraient à l’époque du recrutement dans les différents départements de la République, et ceux qui auraient pris ou prendraient la cocarde blanche ou tout autre signe de rébellion, sont hors de la loi ; en conséquence, ils ne peuvent profiter des dispositions des décrets concernant la procédure criminelle, et l’institution des jurés. »

Le député explique :

Ainsi, cette loi, du 19 mars 1793, a déclaré hors-la-loi tous ceux qui s’opposaient à la levée en masse ordonnée par la Convention, qui participaient aux rassemblements en s’y opposant ou qui arboraient un signe de refus d’obéissance (avec le port de la cocarde blanche ou du « Sacré-Cœur », emblème des révoltés).

Aucune protection légale n’a été accordée à ces personnes, qu’il s’agisse de la Convention des droits de l’homme proclamée en 1789 ou des lois ou des coutumes de la guerre. Au contraire, ces dernières ont été systématiquement violées par les troupes aux ordres de la Convention qui n’ont fait aucun prisonnier. Les blessés ont, quant à eux, été pourchassés et tués jusque dans les hôpitaux. Des promesses de reddition honorable ou d’amnistie ont été faites puis trahies. »

Michel Janva

Site source :

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