Saint Irénée de Lyon

dimanche 28 juin 2020
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Saint Irénée de Lyon



Irénée écrivait : "Je n’étais encore qu’un enfant, mais je me souviens des choses d’alors, mieux que de ce qui est arrivé depuis. Je pourrais dire l’endroit où le bienheureux Polycarpe s’asseyait pour parler, sa démarche, sa façon de vivre, sa physionomie. Je pourrais répéter les discours qu’il adressait au peuple, comment il racontait sa familiarité avec saint Jean et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, comment il évoquait leurs paroles ; les détails sur le Seigneur, sur ses miracles, sur sa doctrine, qu’il avait appris de ceux qui avaient vu le Verbe de vie, comme il les rappelait, comme tout cela s’accordait avec les Ecritures !
Saint Irénée, cité in Frantz FUNCK-BENTANO, Les Origines, Librairie Hachette, 1925, p. 165.

« Saint Irénée est né à Smyrne en Asie Mineure vers 120 ap. J.-C., de parents grecs et chrétiens.

Irénée est envoyé en Gaule vers 157 par son maître Saint Polycarpe, qui avait été disciple de saint Jean l’Évangéliste.

Jean, Polycarpe, Irénée, la tradition apostolique est directe et c’est dans cette tradition qu’il faut situer l’évêque Irénée.

Il parle de Rome, « l’Église très grande, très ancienne et connue de tous... C’est avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, que doit nécessairement s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout, elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres. »

Il donne la liste de succession épiscopale des évêques de Rome, liste qui est un document unique et fondamental pour le siège de Rome, comme attestation de son « excellence ».

La « tradition apostolique » se transmet par la « succession apostolique », qui est pour Irénée, la « preuve » de l’identité et de la « vérité » de la foi de l’Église. C’est pourquoi, écrit Irénée, c’est en l’Église que se trouve la vérité et la vie : « Il faut aimer avec un zèle extrême ce qui est de l’Église », tout Irénée est là ; son amour de l’Église est aussi notre raison d’aimer Irénée et le trait le plus caractéristique de sa sainteté.

En 177, avp. J.-C., Irénée succéda au premier évêque de Lyon, Saint Pothin, qui venait d’expirer en prison sous les mauvais traitement qu’on lui infligea lors de la persécution de Marc-Aurèle.
Une émouvante lettre adressée par « les Églises de Vienne et de Lyon aux Églises d’Asie et de Phrygie » relate le martyre des chrétiens lyonnais. De larges extraits de cette lettre nous ont été conservés par Eusèbe dans son Histoire ecclésiastique (V, 1-5). Cette lettre"raconte la violence extrême qu’ont pu subir les chrétiens, mis à mort et dont les corps ont été brûlés et les cendres dispersées dans le Rhône afin de ne laisser aucune trace. (Thomas TANASE, Histoire de la papauté d’Occident, Gallimard, Folio Inédit Histoire 2019, p. 38.)

Il fut le défenseur de la foi contre la gnose et les premiers gnostiques, qui rejetaient la création par Dieu du monde matériel, et auxquels il oppose la tradition apostolique établie à Rome par Pierre et Paul, qui s’impose aux fidèles de partout (Contre les hérésies, III, 3,1-2.)

En grec, « le pacifique », évêque de Lyon (177), Père de l’Église et théologien catholique anti-gnostique, saint Irénée eut le bonheur insigne d’être, jeune encore, disciple de l’admirable évêque de Smyrne, Polycarpe, qui fut lui-même le disciple de Jean l’Evangéliste.

Irénée conçut une telle vénération pour son saint maître, que, non content de se pénétrer de sa doctrine et de son esprit, il modelait sur lui ses actions et jusqu’à son pas et sa démarche. Il écoutait ses discours avec une ardeur incroyable, et il les grava si profondément en son coeur, que jamais il ne les oublia, pas même dans sa vieillesse.

Il fut bientôt fort instruit dans les Saintes Écritures et dans les traditions apostoliques, et déjà l’on pouvait prévoir en lui l’auteur futur de tant de saints ouvrages et surtout de ce travail si remarquable Contre les Hérésies, où devaient puiser, comme à une source riche et sûre, tous les savants de l’avenir.

Irénée était l’enfant chéri de Polycarpe ; mais il était aussi l’espoir et la joie de toute la chrétienté. Jamais diacre ne s’acquitta de toutes ses fonctions avec tant de zèle.

L’ardeur du jeune apôtre s’enflammait de plus en plus à la vue des missionnaires que Polycarpe envoyait dans les Gaules ; aussi bientôt il reçut de son maître l’ordre impatiemment désiré d’aller au secours du vieil évêque de Lyon, saint Pothin.

Polycarpe fit, au jour de la séparation, un grand sacrifice ; mais il fit aussi une oeuvre féconde. Le bonheur du vénérable évêque des Gaules dépassa toutes ses espérances, quand il reconnut tout le mérite de son jeune auxiliaire. Avec Irénée, l’avenir de l’Église occidentale était sauvé.

Une terrible persécution fit disparaître saint Pothin avec grand nombre de fidèles. Les païens avaient cru noyer l’Église lyonnaise dans le sang de ses enfants, mais Irénée restait encore, et, par l’ordre du Pape Éleuthère (175-189), il monta bientôt sur le siège épiscopal de Lyon (178). Ses prières, ses prédications, ses exhortations, ses réprimandes, eurent bientôt reconstitué cette Église dévastée. La paix toutefois n’était que précaire, et la persécution fit couler de nouveau le sang des martyrs. Le temps d’Irénée n’était pas encore venu, son oeuvre n’était que commencée, et Dieu voulait lui donner le temps de l’accomplir.

Irénée défendit la vraie tradition de l’Église, transmise par les apôtres et fondée sur la « règle de vérité » qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ

Irénée contribua à la connaissance du gnosticisme (ce terme vient du grec gnosis, « connaissance révélée »), dont il reste peu de documents. Il défendit la vraie tradition de l’Église, transmise par les apôtres et fondée sur la « règle de vérité » qui est la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ : la soit-disant « tradition » des hérétiques était sans autorité parce qu’elle ne reposait pas sur l’institution et la transmission légitime de l’autorité. Au contraire, les évêques étaient, eux, les héritiers, de l’autorité des Apôtres (traditio ab apostolis). Saint Irénée est le premier à parler de la tradition apostolique.

Ce qui constitue le fond de l’attitude gnostique, c’est tout à la fois un blasphème contre le seul vrai Dieu, qui, Créateur de l’univers aurait pourtant déchu, et un rejet passionné et méprisant de la Création, de notre humanité de chair, déclarée mauvaise en elle-même. Le secret dont s’enveloppent les doctrines gnostiques réservées à une élite de parfaits et d’initiés contribue à rompre l’universalité du salut chrétien, son caractère de « bonne nouvelle » adressée à tous les hommes, car, si le salut est un don divin radicalement gratuit pour tous, il est aussi une offre destinée à tous et tous sont appelés à accueillir dans un libre don d’eux-mêmes au Dieu qui les sauve.

« C’est l’orthodoxie qui crée l’hétérodoxie et non pas l’inverse : c’est en se considérant orthodoxes que ceux qui ne le sont pas sont rejetés comme hétérodoxes. »[...] Dans l’Antiquité, le terme d’hérésie renvoie à un schème idéologique emprunté principalement à la culture hellénophone. Dans la tradition grecque, le terme désigne un courant de pensée, rattaché de manière assez lâche aux écoles philosophiques, [...] telles l’Académie de Platon ou le Lycée d’Aristote - dans un sens positif. Dans la tradition judéenne, [...] le terme a été adopté pour l’appliquer aux courants internes du judaïsme, celui des pharisiens, des esséniens ou de sadducéens par exemple - dans un sens neutre, même si le caractère péjoratif de la désignation comme hérésie pointe souvent dans les textes. Dans la tradition chrétienne, le terme a encore cette valeur dans les Actes des Apôtres. Cependant Paul l’emploie déjà pour réprouver la formation de ’partis’ dans les communautés chrétiennes. [...] Il faut attendre le milieu du IIe siècle pour qu’apparaisse un modèle plus ou moins commun destiné à justifier l’exclusion, sous le nom d’hérésies, de doctrines considérés comme perverses. [...] L’intervention de Justin de Néapolis, dans les années 150 environ, semble avoir été déterminante en la matière. [...] L’attitude du mouvement pharisien ou rabbinique, après les échecs des révoltes judéennes contre Rome entre 70 et 135, [...] a eu probablement sur ce point, comme sur d’autres d’ailleurs, une certaine influence.

« [...] James F. McCue, par exemple, a fait remarquer que le développement de la pensée valentinienne, loin de prouver que l’hétérodoxie serait majoritaire et autonome, suppose, au contraire, l’existence de l’orthodoxie. (J.F. McCue, Orthodoxy and Heresy : Walter Bauer and the Valentinians, dans Vigiliae christianae 33, 1979, p. 118-130.) (Simon Claude MIMOUNI, Le Judaïsme ancien et les origines du christianisme, Bayard, Italie 2018, p. 296-297 ; 303) »L’entité christianisme a toujours été, dès la première attestation du terme (dans les lettres d’Ignace d’Antioche aux chrétiens de Magnésie et Philadelphie vers 115), une construction conceptuelle, servant notamment à tracer des frontières entre pratiques et croyances différentes, et à connoter positivement ou négativement, les ensembles de phénomènes ainsi délimités.

« [...] L’hébraïsme du temps présent, [...] devenait désormais l’héritier de l’opposition à Dieu toujours active en Israël, et donc une branche morte, abandonnée de Dieu et de sa bienveillance ou, plutôt, s’étant elle-même obstinément, coupablement, détachée de Lui. » (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l’italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 12 et 22.)

Les sectes gnostiques, auxquelles est affronté Irénée, s’accrochent comme autant de plantes parasites, au tronc de la grande Église. Cet ésotérisme de la gnose ne contribue pas peu à sa séduction qu’elle exerce sur bon nombre de contemporains d’Irénée. Aussi, la méthode d’Irénée, est-elle d’exposer l’hérésie, de produire au grand jour les doctrines soigneusement tenues secrètes jusque-là par les gnostiques (livre I). Non sans peine, il a mis la main sur les écrits secrets que les gnostiques font circuler sous le manteau. Et, ensuite, il montre la fausseté des doctrines démasquées : ce sera la réfutation (livre II). Celle-ci se déploie en reprenant les points essentiels des doctrines exposées dans le livre I, Irénée les passe au crible d’une critique sévère, qui met en lumière leurs innombrables contradictions, extravagances et incohérences, bref, en relevant tout ce qui, en elles-mêmes, et indépendamment de toute règle de vérité, suffirait à les rendre inacceptables aux yeux d’un homme qui réfléchit. Irénée achève sa réfutation en l’élargissant et en la couronnant par une « démonstration », qui fera la matière des trois derniers livres : l’enseignement des apôtres (livre III) ; les paroles du Christ (Livre IV) ; les épitres pauliniennes et quelques faits précis particulièrement significatifs de la vie du Christ (livre V.) La démonstration réalisée sur le double clavier des Écritures fait surgir pour ainsi dire à chaque instant, de façon simultanée, à l’avant-plan des textes du Nouveau Testament, mais en les projetant sur l’arrière-plan des textes de l’Ancien, faisant ressortir l’accord profond des uns et des autres et reconstituant inlassablement l’unité des Testaments brisée par les Valentiniens et les Marcionites.

Les découvertes modernes, notamment celle de la bibliothèque gnostique copte de Nag Hammadi, ont confirmé de façon remarquable la valeur des renseignements que nous fournit Irénée sur le gnose du IIe siècle.

« La seconde moitié de ce IIe siècle voit certains théologiens (comme Irénée, et apologistes comme Justin. Ndlr.) penchant vers un projet de paix avec l’empire s’impliquer [...] dans l’élaboration de ’l’hérésie’ comme un phénomène universel, provoqué par les puissances du mal dans le cadre de leur lutte contre Dieu au cours de l’histoire du monde ; et l’on range sous l’étiquette d’’hérésie’ des groupes et des modèles peu ou pas compatibles avec ce projet de prise de responsabilité chrétienne vis-à-vis du monde et de ses institutions. »[...] C’est Irénée, évêque de Lyon, qui a posé les bases du modèle qui devait prévaloir dans le christianisme, dans son ouvrage Contre les hérésies, terminé vers 190. [...] Il connaît le Traité (perdu) contre toutes les hérésies de Justin, qu’il cite, et il en dépend [...] assez abondamment, encore qu’il ne soit pas possible de cerner très exactement tout ce qu’il en tire." (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l’italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 23, et 369.)

Irénée dressa la liste de succession des évêques (papes) de Rome.

Évoquant l’évangélisation des Gentils, S. Irénée explique :

« Celui qui reçut l’apostolat à destination des gentils peina plus que ceux qui prêchèrent le Fils de Dieu parmi les circoncis. Ceux-ci étaient secondés par les Écritures, que le Seigneur avait confirmées et accomplies en venant tel qu’il avait été annoncé. Là, en revanche, c’était un enseignement étranger, une doctrine nouvelle : non seulement les dieux des gentils ne sont pas des dieux, mais ils ne sont qu’idoles de démons ; il n’y a qu’un seul Dieu, qui est ’au-dessus de toute Principauté, Puissance et Seigneurie et de tout nom qui se nomme’ ; son Verbe, invisible par nature, s’est fait palpable et visible parmi les hommes et est descendu ’jusqu’à la mort et la mort de la croix’ ; ceux qui croient en lui deviendront incorruptibles et impassibles et auront part au royaume des cieux. Tout cela était prêché aux gentils par la simple parole, sans Écriture aucune : c’est pourquoi ceux qui prêchèrent aux gentils peinèrent davantage. » (Contre les hérésies, Livre 4, Deuxième partie, 2.)

Cette évangélisation historique des gentils par la simple parole sans Écriture aucune, montre qu’il existe deux sources à la vérité : la tradition orale reçue des apôtres et les écrits évangéliques.

Irénée, premier défenseur des quatre évangiles et d’un premier canon biblique

Irénée est, en 170, une figure importante de la défense de seulement quatre évangiles. Et seuls quatre évangiles seront ultérieurement inscrits au canon du Nouveau Testament (canon de Muratori, IIIe siècle) : les évangiles selon Matthieu, selon Luc, selon Marc, et selon Jean. (Contre les hérésies, III, 11, 7-8). Ainsi Irénée est-il le premier écrivain chrétien connu à avoir fait la liste des quatre évangiles canoniques.
« Il connaît et reçoit les Actes des Apôtres, 13 épîtres de Paul, 1 Pierre, 1 et peut-être 2 Jean, l’Apocalypse de Jean. » (Pierre MARAVAL, Simon Claude MIMOUNI, Le Christianisme, des Origines à Constantin, Nouvelle Clio, l’Histoire et ses problèmes, PUF, Clamecy 2018, p. 389.)

Notons qu’aujourd’hui, les protestants qui contestent la tradition de l’Église catholique (ne craignant pas de se contredire) le font en se référant pour leur exégèse à un canon biblique fixé exclusivement par un évêque catholique au IIe siècle (S. Irénée de Lyon) qui spécifia l’accord nécessaire avec cette « Église de Rome » en raison de son origine plus excellente, et par l’Église catholique, elle-même, à la fin du même siècle (Canon de Muratori).

Jean-Christian PETITFILS, dans son ouvrage « Jésus, Le Jésus de l’Histoire » (Fayard, 2011, p. 25), citant des recherches récentes, date en effet le Canon de Muratori de la fin du IIe siècle : « Un document capital, le canon de Muratori, datant du IIe siècle après J.-C., comme semblent bien le montrer les dernières recherches. »

Dans les notes p. 583, note 24, il précise : « Ce document daterait en réalité du IIe siècle. [...] Voir E. FERGUSON, ’Canon Muratori. Date and Provenance’, Studia Patrisca, vol. 17,2, Oxford, 1982, p. 677-683 ; Philippe HENNE, ’La Datation du Canon de Muratori’, Revue biblique, janv. 1993, p. 54-75 ; J. VERHEYDEN, ’The Canon Muratori. A Matter of Dispute’, in J.M. AUWERS, J.J. DEJONGE, ed., The Biblical Canons, BETL, CLXIII, Leuven, 2003, p. 485-556. »

Et « lorsque les groupes rejetés s’appuient sur les mêmes textes que ceux qui sont acceptés dans la ’Grande Église’, Irénée ne juge légitimes que les interprétations fondées sur certains principes de base - par exemple la création du monde matériel par Dieu, Père de Jésus. Il déclare que c’est la succession des évêques (Ac 1,20, 2 Tm 2,2) qui est dépositaire et gardienne de ces principes. Car la succession des évêques [...] a reçu directement des apôtres, la ’règle de vérité’. Le message de Jésus n’est donc plus confié à la transmission orale, [...] mais à un nombre précis d’écrits dont l’interprétation est placée sous le contrôle des évêques. [...] À la fin du IIe siècle, le christianisme a donc désormais opéré une série de choix d’une immense portée, plus décisifs que ceux qu’il opéra lors des siècles suivants, et il s’est doté d’institutions capables de l’aider à surmonter les nombreuses difficultés qui l’attendent. » (Enrico NORELLI, La Naissance du Christianisme, Comment tout a commencé, traduit de l’italien par Vivian Dutaut, édition Gallimard, Folio Histoire, 2019, p. 25-26.)

Irénée, premier des Pères de l’Église à présenter la Vierge Marie comme la Nouvelle Ève

« Irénée, disciple de Polycarpe qui fut lui-même familier de Jean, est le premier des Pères de l’Église d’Orient et d’Occident à nous présenter la Vierge Marie comme celle qui, par son obéissance est devenue la Nouvelle Ève, avocate de l’ancienne et mère des nouveaux vivants. » (Cardinal Decourtray, Préface dans Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, Dénonciation et réfutation de la gnose au nom menteur, Sagesses chrétiennes, Cerf, Paris 2007, p. 6.)

« Presque toutes les idées qu’il a défendues sont devenues des dogmes et lois dans l’Église catholique. Elle peut se réclamer de lui comme d’un de ses principaux fondateurs. » (Camille JULLIAN, La Gaule dans l’Empire romain, Editions du Trident, Paris 2013, p. 73.)

L’unité de Dieu, Créateur et Père

Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui proclame que Jésus Christ est venu dans la chair, celui-là est de Dieu.

Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus, celui-là n’est pas de Dieu : c’est l’esprit de l’anti-Christ.
1 Jn 4,2-3
Le blasphème fondamental contre le Dieu Créateur est avant tout le blasphème de Cerdon et de Marcion, son disciple. Cerdon, qui résida à Rome sous le pape Hygin (qui condamna sa doctrine et l’exclut de la communauté), « enseigna que le Dieu donné par la Loi et les prophètes n’est pas le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ : car le Père a été connu et le second est inconnaissable, l’un est juste et l’autre est bon. »

La doctrine de la division en « deux dieux » - le Dieu de l’Ancien Testament et le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ - vient donc de Cerdon, qui lui-même provenait d’un groupe de Simoniens (on connaît l’insistance d’Irénée à faire remonter toutes les sectes gnostiques à Simon le Mage.)

Irénée dénonce ceux qui « fabriquent des dieux multiples », « blasphèment leur Créateur », « s’imaginent avoir trouvé au-dessus de lui un autre Dieu » et « méprisent Dieu, le tenant pour minime parce que, dans son amour et sa surabondante bonté, il est venu en la connaissance des hommes. »

Quand, en 202, après la publication d’un édit de persécution par Septime Sévère, les horreurs de la persécution éclatèrent encore, l’Église de Lyon, toujours en vue, était prête à subir le choc. Irénée, plus que jamais, ranima la foi de ses enfants et leur montra le Ciel. Il fut au nombre des premières victimes ; c’était la juste récompense due à ses longs travaux. Nous ignorons la date et les circonstances de sa mort.

Parmi tous les éloges que lui ont donnés les Saints, citons les titres glorieux de Zélateur du Nouveau Testament, Flambeau de la foi, homme versé dans toutes les sciences.

Ses reliques sont conservées dans l’église Saint-Irénée auprès d’autres martyrs de Lyon, malgré le sac de l’église par les protestants du baron des Adrets en 1562.

Ce fut Érasme qui publia l’édition princeps de l’Adversus haereses en 1526 à Bâle.

Le concile Vatican II a donné à Irénée toute sa place dans la pensée théologique de l’Église et le propose à l’Église universelle comme modèle de grand évêque. »

Sources : (1), (2), (3) Vie des Saints pour tous les jours de l’année avec une pratique de piété pour chaque jour et des instructions sur les fêtes mobiles, Alfred Mame et Fils éditeurs, Tours 1867, p. 178,
(4) Dictionnaire des saints et Grands témoins du christianisme, Sous la direction de Jean-Robert ARMOGATHE et André VAUCHEZ, CNRS Éditions, Paris 2019, pp. 517-523.

Publié par Ingomer - dans Saints du jour
27 juin 2020 00:00

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Christ Roi