Sainte Jeanne d’Arc

dimanche 21 février 2016
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Sainte Jeanne d’Arc
Patronne secondaire de la France
Modèle du laïc catholique
« Messire Dieu, premier servi »



« Jeanne est le modèle du laïc catholique. Elle enseigne à la fois son devoir d’obéissance dans l’ordre spirituel et l’autonomie absolue de son action dans l’ordre temporel

Le 21 février 1431 s’ouvre l’un des plus fascinants procès de l’Histoire : celui de Jeanne d’Arc. Cette jeune fille de 19 ans, prétendue analphabète, hallucinée, hérétique, sera en moins de cent jours condamnée à être brûlée vive pour s’être opposée aux Anglais. Ses juges sont évêques, abbés, docteurs en théologie, familiers du droit canon, savants de l’Université de Paris, faiseurs de papes comme de rois. Me Jacques Trémolet de Villers, qui a plaidé de nombreuses affaires civiles et pénales à caractère politique, idéologique et médiatique, commente dans son ouvrage « Jeanne d’Arc le procès de Rouen » l’intégralité de ce procès passionnant, au cours duquel la Pucelle d’Orléans remet à leur place ceux qui se considèrent comme les plus grands théologiens de la Chrétienté.

Au-delà de l’histoire de la sainte de la patrie, les réponses de Jeanne sont celles d’une simple fidèle, qui rappelle aux clercs qui abusent de leur pouvoir, avec certaines formules devenues célèbres (« Notre Sire premier servi ! ») le rôle de chacun sur les plans temporels et spirituels. Me Trémolet commente ainsi :

"Ce cri d’honneur et de liberté est aussi fondateur d’une vraie doctrine. Les rapports entre le pouvoir spirituel des papes, évêques, prêtres, et le pouvoir temporel -roi, empereur, république - sont une question dont les réponses, variables selon les époques, constituent le vrai rythme de l’histoire depuis la Révélation. La canonisation de Jeanne, au début du XXe siècle, donne à ce cri un sens prophétique.

Dans l’autonomie de sa mission politique, le laïc chrétien, libre à l’égard d’un pouvoir étatique non chrétien, l’est aussi à l’égard d’un pouvoir spirituel qui se mettrait au service de cet Etat non chrétien ou même simplement en connivence avec lui. Le laïc chrétien aujourd’hui, comme Jeanne il y a cinq siècles, pourrait dire à son évêque ou à son curé, si celui-ci voulait lui imposer une conduite politique ou sociale que sa conscience droitement éclairée réprouve : « Notre Sire premier servi ! ».« »Jeanne est ici la dénonciation acharnée de tout cléricalisme qui est, dans son essence, l’utilisation des dons et moyens spirituels de l’Eglise à d’autres fins que le service de Dieu. Tout l’appareil de l’Eglise, son ordre, son droit, ses prérogatives, ses sacrements, les pénitences et les éventuelles condamnations n’ont de sens que par ce premier servi : Dieu."

« Jeanne est le modèle du laïc catholique. Elle enseigne à la fois son devoir d’obéissance dans l’ordre spirituel et l’autonomie absolue de son action dans l’ordre temporel. Elle a vécu dans sa plus grande intensité le scandale de l’ordre clérical mettant sa puissance spirituelle au service d’un pouvoir politique illégitime. »

Jeanne d’Arc
Le procès de Rouen (21 février-30 mai 1431)

Lu et commenté par Jacques Trémolet de Villers. Préface d’Olivier Sers.

Livre broché (Avec rabats) - 24,90 €

Jeanne d’Arc, Le procès de Rouen (21 février-30... par LesBellesLettres

Le 21 février 1431 s’ouvre l’un des plus fascinants et décisifs procès de l’Histoire : celui de Jeanne d’Arc

Cette jeune fille de 19 ans, prétendue analphabète, hallucinée, hérétique, sera en moins de cent jours condamnée à être brûlée vive.

Dès le premier interrogatoire, les juges, Cauchon en tête, assènent les coups. Ils sont abbés, docteurs en théologie, familiers du droit canon, décidés à la faire plier.
Dès sa première parole, Jeanne, seule à la barre, déjoue les pièges des hommes d’Église et de loi. Elle fait preuve d’un ton libertaire, habile et plein d’humour qui les déstabilise par la force de sa sincérité.

Les voix, puisque c’est là l’essentiel, portent.

Cent jours durant, va se jouer, en cette froide salle d’audience, l’éternel combat de la vérité.

Tout procès se conclut dès la première audience. Jacques Trémolet de Villers, plaideur des plus importants procès politiques de ces dernières décennies, décrypte les paroles échangées et nous livre, en voix off, son commentaire jour après jour.
Il introduit son lecteur dans la salle, lui fait comprendre les convictions des parties, et surtout lui fait saisir le courage sensible du personnage de Jeanne, jusqu’à craindre l’issue…

ll y a du bon dans la procédure. Elle conserve, comme des pierres précieuses dans une châsse, un véritable trésor, et demeure en dernière analyse la seule raison sérieuse d’organiser la justice des hommes. Le texte intégral du procès, seul témoignage à faire véritablement entendre Jeanne, a été élaboré, de façon minutieuse, à partir des actes authentiques (les minutes conservées en latin et en français), vérifiés aux meilleures sources et complétés par les dépositions du procès d’annulation.

Jacques Trémolet de Villers a plaidé de nombreuses affaires civiles et pénales à caractère politique, idéologique et médiatique. Écrivain, il a publié une biographie du célèbre avocat du XIXe siècle Pierre-Antoine Berryer, Aux marches du palais, de même que Heureux qui comme Ulysse, commentaire de son anthologie de la poésie française Vingt-quatre poèmes que nous devrions savoir par coeur pour les dire à nos enfants. Il poursuit son travail avec cet « Évangile selon Pilate » qu’est le procès de Jeanne d’Arc. »

Sainte Jeanne d’Arc


Vierge (✝ 1431)

Fille d’humbles paysans de Lorraine, (« on m’appelait Jeannette ») elle entendit des voix mystérieuses alors qu’elle n’avait que 13 ans. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, pendant trois ans lui demandèrent de libérer la France et de faire sacrer le roi à Reims. A Chinon, premier prodige, le roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante des lois de la guerre.

En huit jours, au début du mois de mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré roi à Reims. Après les réussites difficiles, vint le temps des épreuves. Le roi abandonne Jeanne, un an après Orléans, elle est faite prisonnière à Compiègne, livrée aux Anglais, passe un an en prison, courageuse, héroïque dans sa pureté devant les tentatives des soldats. Sous prétexte qu’elle s’habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule lui reste la foi et l’encouragement de ses voix. Elle meurt brûlée vive à 19 ans, à Rouen le 30 mai 1431.

Jeanne d’Arc est fêtée par la République Française le deuxième dimanche de mai, fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme (loi du 10 juillet 1920) ; la date de Sainte Jeanne d’Arc fixée par le martyrologe de l’Église catholique est le 30 mai date anniversaire de sa naissance au ciel (c’est à dire de sa mort).

Tout au long de l’année 2012, des manifestations étaient prévues en France pour commémorer le sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc. (portail de l’Église catholique en France)

A lire aussi :

- Benoît XVI : sainte Jeanne est une des figures caractéristiques de ces ’femmes fortes’ qui ’à la fin du Moyen Age, portèrent sans peur la grande lumière de l’Évangile dans les événements complexes de l’Histoire’ ... Sainte Jeanne d’Arc nous apprend que lorsque le pays est marqué par la division et par le découragement et la résignation, la foi qui puise à la Sagesse divine offre au chrétien la capacité de trouver les moyens extraordinaires d’intelligence et de force, pour offrir des raisons d’une nouvelle espérance pour la société... (Homélie pour la fête de Sainte Jeanne d’Arc 2012, Mgr Luigi Ventura)

- Centre spirituel de Domrémy - Un peu d’histoire : 27 janvier 1894 Jeanne est déclarée « vénérable » par Rome, 18 avril 1909 béatification de Jeanne d’Arc à Saint-Pierre de Rome, 30 mai 1920 canonisation de Jeanne d’Arc.

- "Sainte Jeanne d’Arc fut canonisée en 1920, quatre siècles après sa mort et à la fin d’une longue polémique entre ceux qui, comme l’historien Michelet, célébraient en elle la fille du peuple de France et ceux qui, avec les Évêques d’Orléans, en commençant par Mgr Dupanloup, voyaient surtout en elle une vraie fille de l’Église.

Les temps du procès, de béatification et de canonisation furent des temps de luttes anticléricales : expulsion des religieux et loi de Séparation de l’Église et de l’Etat, en 1905."

- Jeanne d’Arc, brûlée en 1431, ne sera béatifiée qu’en 1909 puis canonisée, c’est-à-dire inscrite sur la liste des saints de l’Église, en 1920. Les églises du diocèse de Poitiers possédant une représentation de Jeanne d’Arc sont très nombreuses. (diocèse de Poitiers- quelques saints du Poitou et d’ailleurs)

- en 1922, Pie XI reconnaît officiellement la Vierge Marie en son Assomption comme patronne de la France et Jeanne d’Arc comme patronne secondaire ; (en latin) Acta Apostolicae Sedis, Commentarium Officiale, pages 185 et 708, lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam.

À Rouen, en 1431, sainte Jeanne d’Arc, vierge, appelée la pucelle d’Orléans, qui combattit avec force pour sa patrie, mais, livrée au pouvoir des ennemis et condamnée à mort par un tribunal ecclésiastique inique, malgré la simplicité de sa foi et son attachement à l’Église, elle mourut sur le bûcher à l’âge de dix-neuf ans.
Martyrologe romain

« Messire Dieu, premier servi » « Dieu fait ma route » (Jeanne)
Lors de son jugement : « Ne te chaille pas de ton martyre. Prends tout en gré, Dieu t’aidera ; tu t’en iras par grande victoire au Paradis » (Ses voix)

Sites sources à consulter

le salon beige

nominis Sainte Jeanne d’Arc

Ouvrages à consulter

Jeanne d’Arc par Régine Pernoud et M.-V. Clin, Ed. Pluriel

Jeanne d’Arc, le procès de Rouen Jacques Trémolet de Villers, Ed. Les belles lettres