Saint-Nicolas-du-Chardonnet et la mauvaise foi des médias dominants

mardi 14 avril 2020
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Saint-Nicolas-du-Chardonnet, “fake news” et coronavirus : les médias en pleine crise de mauvaise foi



Par
Père Danziec

« Entre la désinformation sur la messe “clandestine” célébrée dans l’église traditionaliste et les délires habituels de la presse de gauche, les catholiques ne sont pas épargnés par la chasse aux sorcières médiatique en cette période de Pâques et de confinement sanitaire, constate notre chroniqueur, le Père Danziec.

Révélée par Aziz Zemouri dans Le Point, l’information a de quoi surprendre : en plein Paris, une messe clandestine aurait été célébrée, de nuit qui plus est, dans l’église traditionaliste Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Clandestine, vraiment ? Curieux d’utiliser cet adjectif pour une messe retransmise sur Youtube et qui compte à cette heure plus de 26 000 vues. De nuit ? Le caractère nocturne laisse entendre qu’il s’agirait d’une démarche secrète et masquée peu louable, à l’image d’un Judas livrant le Christ aux grands-prêtres en pleine nuit. Un peu de catéchisme pourtant permet de savoir qu’à Noël, la messe de Minuit ne se célèbre pas à 15h00 et qu’à Pâques, la cérémonie de la Vigile pascale, comme son nom l’indique, ne se déroule pas à la lueur du jour...

Que s’est-il vraiment passé à Saint-Nicolas-du-Chardonnet ?

Sur le site paroissial de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, depuis le début du confinement, il est bien précisé qu’« en raison des mesures gouvernementales imposées pour lutter contre l’épidémie de coronavirus et pour soutenir le personnel soignant soumis à des conditions de travail très difficiles, les offices de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet ne sont plus accessibles aux fidèles jusqu’à nouvel ordre. Tous les offices sont retransmis sur notre chaîne Youtube ». A 22h30, dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 avril, dans le sillage des solennités liturgiques des jours précédents et qui sont propres à la « Semaine sainte », la cérémonie de la Vigile pascale s’est donc déroulée dans l’église du Ve arrondissement.

Comme prévue et annoncée, elle est retransmise sur les réseaux sociaux, au bénéfice de la communauté qui compte plus de 5 000 fidèles. La communauté de prêtres et de clercs qui s’occupe à l’ordinaire de la vie paroissiale est donc réunie dans l’édifice pour célébrer et animer le mystère de la Résurrection du Christ, portes closes et nef vide comme le montre la vidéo que l’on peut trouver sur Internet. L’article du Point mentionne pourtant que « de nombreux fidèles assistaient à une messe pascale ». Etrangement, pour illustrer l’information, ce ne sont pas des captures d’écran de la cérémonie en question qui sont utilisées mais des images d’archives, d’une église comble avec grand concours de peuple...

De son côté, le lendemain, dimanche de Pâques 12 avril, le compte Twitter de la Préfecture de police notifiait « cette nuit à #Paris05, un office s’est tenu dans une église malgré les mesures de confinement. Les policiers ont trouvé portes closes au moment du contrôle mais ont verbalisé l’autorité ecclésiastique ayant officié, après la messe ». Il y a là une lecture des faits qui laisse tout à fait perplexe. Les célébrations, malgré les mesures de confinement, peuvent tout à fait se tenir dans les églises, à condition que les fidèles ne puissent y assister et donc... que les portes restent closes. Dans les cathédrales de toute la France, les offices de Pâques y ont été célébrés par les évêques portes fermées.

Rien qu’à Paris, ce sont plus de dix paroisses qui ont eu recours à leur chaîne Youtube pour retransmettre en direct leurs célébrations. Et sur les vidéos que l’on trouvera sans difficulté sur les sites des diocèses, il n’aura échappé à personne que les prêtres ne célèbrent pas seuls. En effet, pour assumer le déroulement liturgique des cérémonies, plus amples du fait de la solennité des fêtes, partout on peut constater la présence d’enfants de chœur, de chantres, de laïcs engagés, d’organistes... Le son des orgues, qui n’ont été utilisées qu’à la fin de la messe, c’est justement lui qui alerta le voisinage de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, au point de dénoncer la chose aux autorités.

Cabale et délation, ou comment faire feu de tout bois en période de chasse aux sorcières. Quand des drames adviennent, il importe de trouver les coupables ou, à défaut de pouvoir s’en offrir. Néron accusa les chrétiens d’avoir brûlé Rome ? Indiquer le patient zéro, le lieu zéro, l’occasion zéro du coronavirus devient, pour certains, une urgence argumentaire, une cause existentielle. Laurent Joffrin n’hésitait pas à signer pour Libération un papier intitulé « Dieu et le virus ». Dès le 3 avril dernier, l’éditorialiste voyait dans les assemblées religieuses l’occasion originelle de la propagation de l’épidémie.

Récemment, Jean-Luc Mélenchon, au tout début de l’émission Le Grand Jury RTL - Le Figaro - LCI, était invité à réagir à l’attentat de Romans-sur-Isère, commis par un réfugié soudanais. Au lieu de s’interroger sur la situation administrative du terroriste islamiste, le leader de la France insoumise préféra botter en touche et prendre comme bouc émissaire l’assemblée évangélique qui s’est tenue à Mulhouse à la fin du mois de février. Pointer du doigt la responsabilité de la religion chrétienne dans le désastre sanitaire actuel pour s’exonérer de rendre compte du désastre identitaire contemporain est assurément plus facile.

De son côté, le quotidien Le Progrès a même titré « Comment les rassemblements religieux ont amplifié la propagation du virus ? ». Ben voyons ! Et pas les élections municipales, les matchs, les meeting politiques, le tourisme, les échanges frontaliers, le manque de masques et le défaut d’hygiène, les cinémas, les cafés, les marchés, les supermarchés et, plus récemment encore, l’exode d’un million de franciliens ? A cet égard, la réaction du directeur de l’hebdomadaire La Vie, Jean-Pierre Denis, donnée au Figaro Vox est à lire.

Quand on veut assassiner son chien, le proverbe affirme qu’il est bon de dire qu’il a la rage. Désormais, à défaut de trouver des réponses claires au coronavirus, il semble commode d’expliquer que cette nouvelle « rage » s’entretient à cause des cathos. Cela porte un nom, et ce nom n’a rien du hasard : c’est ce qu’on appelle de la mauvaise foi. »

Par
Père Danziec
Publié le 14/04/2020

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